Rythmes scolaires : Hollande lève le pied

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Rythmes scolaires : Hollande lève le pied
Le passage à la semaine de quatre jours et demi devrait prendre plus de temps que prévu.@ MAXPPP
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Les maires bénéficieront d'un an de plus pour se préparer à la semaine de quatre jours et demi.

Les élèves de primaire travailleront-ils le mercredi matin dès l'an prochain ? Probablement pas. Devant les maires réunis en congrès, François Hollande a expliqué que, pour des raisons financières, la réforme des rythmes scolaires serait étalée sur deux ans. Les communes volontaires pourront imposer la semaine de quatre jours et demi (contre quatre jours aujourd'hui) dès la rentrée 2013, tandis que les autres bénéficieront d'un an de plus pour se préparer.

Pour les maires, c'est une bonne nouvelle. La réforme oblige en effet les élus locaux à engager de nouveaux personnels d'encadrement, à ouvrir la cantine (et donc à payer les employés et les repas) une journée de plus et à multiplier les transports scolaires. Le tout pour un coût total évalué par certains élus à 650 millions d'euros en France. Catherine Peyge, maire de Bobigny en Seine-Saint-Denis, exprime ainsi son soulagement au micro d'Europe 1 : "A Bobigny, le surcoût sera d'environ, un million d'euros. Ça représente une centaine de places en crèche, ce n'est pas rien…"

"Un aveu d'impréparation"

Un avis partagé par les enseignants, qui regrettent la précipitation du gouvernement à vouloir réformer à grande vitesse. "Ce qu'on constate, c'est l'aveu d'impréparation de cette réforme", explique ainsi Christian Chevalier, du syndicat des enseignants Unsa, à Europe 1. "Aujourd'hui, le principe de réalité s'impose : dans les zones rurales, il est difficile de recruter en urgence des personnels qualifiés."

Les parents d'élèves veulent une transition rapide

Pour les parents d'élèves, en revanche, ce retard se fait d'abord au préjudice des enfants, dont le rythme de travail se trouverait mieux réparti grâce aux nouveaux horaires. Jean-Jacques Hazan, président de la FCPE (la première fédération de parents d'élèves), appelle donc à un passage rapide à ces nouveaux rythmes scolaires. "Il y a des endroits où ce n'est pas possible, mais il faut faire l'effort de commencer à construire les solutions. On est dans un projet de société nouveau, il va falloir tous s'y mettre en changer nos habitudes", explique-t-il.

D'autant que le gouvernement a déjà créé un fonds d'aide aux collectivités pour aider au financement de ces nouveaux horaires. " L'Etat indique avoir sorti 250 millions d'euros pour aider les communes qui en ont besoin", ajoute encore Christian Chevalier. "Pour nous, les mesures financières sont prises, on ne voit pas pourquoi les enfants attendraient."