Roms : Valls "aux couleurs de l'UMP"

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Roms : Valls "aux couleurs de l'UMP"
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Après les évacuations de camps, Manuel Valls s'est défendu de toute "stigmatisation".

La polémique autour du démantèlement des camps de Roms ne désemplit pas. L'association La Voix des Roms a estimé dimanche que la politique du ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, était comparable à celle de ses prédécesseurs de l'UMP. L'association va même jusqu'à lancer que le ministre socialiste "pourrait porter les couleurs de l'UMP" en 2017, pour la prochaine présidentielle.

Malgré les critiques de plusieurs associations et de certains membres de la classe politique, le ministère de l'Intérieur s'est défendu samedi de toute "stigmatisation" dans sa façon d'aborder la question des Roms. Ces derniers jours, plusieurs camps illicites ont été démantelés à Lille, Lyon, La Courneuve ou Marseille. Et les associations dénoncent le fait qu'aucune solution n'a été trouvée pour les familles se retrouvant à la rue. "Ces expulsions ne peuvent pas se mener, comme sous Sarkozy, sans véritable solution alternative", a d'ailleurs taclé dimanche le le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent, interrogé par le JDD. Un charter de 240 Roms bénéficiaires de l'aide au retour a par ailleurs quitté jeudi Lyon pour Bucarest.

La France "sous surveillance"

Alertée par la situation, l'Union européenne a mis la France "sous surveillance" pour sa gestion de la communauté Rom. Elle veut s’assurer que les autorités ne procèdent pas à des mesures arbitraires. Les services de la commissaire européenne à la justice, Viviane Reding, "sont en contact avec les autorités françaises pour s'assurer que les règles européennes sont respectées", a indiqué une de ses porte-parole.

Le ministère de l'Intérieur a assuré qu'il apporterait "tous les éléments d'information demandés". Il a rappelé que "l'éloignement, quand il est contraint, est fondé sur une décision administrative après examen individuel, décision soumise au contrôle du juge". De la sorte, "les éloignements ne peuvent se transformer en des expulsions collectives forcées, c'est contraire au droit", a-t-il ajouté.

"Une réalité de terrain difficile"

Accusé de "chasser" les familles roms, Manuel Valls a également balayé les critiques du collectif Solidarité Roms de la métropole lilloise, qui regroupe plusieurs associations. "Si le respect de la dignité des personnes est un impératif constant de l'action publique, les difficultés et risques sanitaires locaux posés par ces campements insalubres ne peuvent rester sans réponse", avait justifié le ministre de l'Intérieur.

Quant aux campements illicites, "au-delà des polémiques, un consensus fondé sur une réalité de terrain difficile" existe et "des élus de gauche comme de droite réclament leur évacuation, face à la demande pressante et légitime des populations", comme notamment à Villeneuve-d'Ascq, à Lille et à Lyon", a noté l'Intérieur.

"Il n'y a plus de 'politique ethnique'"

Des explications qui ne satisfont pas Laurent El Ghozi, fondateur de Romeurope et président de la Fédération nationale des associations solidaires d'action avec les Tsiganes (Fnasat). Interrogé par Europe 1 samedi, ce dernier a demandé à François Hollande de respecter ses engagements de campagne électorale. "On ne peut pas croire que les engagements du président de la République lorsqu'il était candidat ne soient pas tenus dans des délais extrêmement brefs", a-t-il estimé.

Laurent El Ghozu demande également la levée des mesures transitoires qui empêchent encore aux Roms d'accéder au marché français du travail. Selon lui, il n'y a pas d'intégration possible sans travail. Soucieux de rassurer les associations, l'Intérieur assure travailler "en lien étroit avec le ministère du Travail à une analyse objective des conditions de réexamen des mesures restreignant l'accès au marché du travail pour les populations concernées".

"Il a été mis fin à la politique du chiffre qui menait à des dérives et dénaturait les décisions de justice en en faisant des objectifs politiques chiffrés", s'est défendu samedi un membre du cabinet de la Place Beauvau. "Contrairement à la politique menée par le précédent gouvernement, aucune population n'est ciblée pour elle-même, il n'y a plus de 'politique ethnique' en France", a-t-il également insisté.