Roms : radiographie des camps illicites

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Roms : radiographie des camps illicites
Alors que Cécile Duflot et Manuel Vals s’écharpent sur la question des Roms, une première radiographie précise de la situation des camps illicites vendredi à l’Assemblée nationale.@ Laure Dautriche/Europe 1
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Combien sont-ils ? Qui y vit ? Depuis quand ? Dans quelles conditions ? Un rapport inédit répond à ces questions.

Le rapport. Après les petites phrases, place aux statistiques. Pur hasard de calendrier : alors que Cécile Duflot et Manuel Vals  s’écharpent sur la question des Roms, une première radiographie précise de la situation des camps illicites, de leur nombre et de leur état, va être présentée vendredi à l’Assemblée nationale, en présence de Georges Pau-Langevin, ministre de la Réussite éducative. Début 2013, l’exécutif a en effet commandé un rapport sur le sujet au préfet Alain Régnier, délégué interministériel à l’hébergement et à l’accès au logement (Dihal), que le journal La Croix a révélé jeudi soir. Pas moins  de 4 millions d’euros ont été affectés pour établir un diagnostic de ces camps ainsi qu’un bilan des mesures d’insertion lancées en août 2012.

>> Combien  il y a-t-il de camps ? Combien de Roms y vivent ? Dans quelles conditions ? Les mesures d’insertion fonctionnent-elle ? On vous résume le rapport.

25.01 Le campement de Roms près de Ris-Orangis où les élèves sont scolarisés dans un gymnase. 930620

© Max PPP

17.000 personnes, dont un quart des enfants. Le rapport recense très exactement 16.949 habitants dans 394 camps illicites, que les auteurs appellent "bidonvilles". La grande majorité d’entre eux est présente en France depuis plus de cinq ans, et il y aurait 4.300 enfants, souligne le document.

Les régions les plus concernées. Environ 40% des bidonvilles ont été recensés en Ile-de-France avec près de 7.000 habitants. Les camps se concentrent plus particulièrement dans le département populaire de Seine-Saint-Denis (62 camps, 20% du total des 17.000). Les régions Nord-Pas-de-Calais, Provence-Alpes-Côte d'Azur, Pays-de-la-Loire et Rhône-Alpes sont également très concernées avec 194 campements et 7.883 personnes au total.

Des conditions de vie précaires… Dans ces "bidonvilles" vivent 2.000 enfants en âge d'être scolarisés. Mais seul un tiers de ces derniers va effectivement à l'école, et "de manière très instable" compte tenu des nombreux démantèlements. Et les conditions sanitaires font encore peine à entendre : 1.300 personnes n'ont pas du tout d'accès au traitement des déchets, et 3.700 manque totalement d'eau courante.

… Mais qui s’améliorent (un peu). Outre cette radiographie, le rapport note tout de même quelques avancées en matière d'emploi. La circulaire de 2012 avait assoupli l'accès à 291 métiers contre 150 auparavant pour les ressortissants roumains et bulgares. Et depuis, le nombre d'autorisations de travail délivrés à ces ressortissants a augmenté: passant de 3.145 au second semestre 2012 contre 4.249 au premier semestre 2013.

Toutes les villes ne jouent pas le jeu. Les auteurs de l’étude, relayés par La Croix, regrettent toutefois que tous ne jouent pas la transparence. En Paca et en Île-de-France,  la radiographie a été établie sans l’aide des préfets. Et en termes de politique d’insertion, toutes les villes ne se plient pas au jeu de la même manière. " L’étude confirme que les efforts consentis sont inégaux en fonction des politiques locales", écrit le journal. Toutefois, conclut La Croix, beaucoup font tout de même des efforts  : "parmi les dernières actions lancées, les villes d’Orly (Val-de-Marne), de Strasbourg (Bas-Rhin), et de Bordeaux (Gironde) se sont particulièrement investies dans l’accès au logement, les mairies de Montreuil (Seine-Saint-Denis) et de Mons-en-Barœul (Nord) ont mis l’accent sur la scolarisation, tandis que Nantes (Loire-Atlantique) et le Grand Lyon se sont plutôt penchés sur des programmes de réinsertion dans le pays d’origine".