Roms et gens du voyage : lexique utile

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Roms et gens du voyage : lexique utile
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Comme c'est le cas avec la "polémique" Estrosi, les termes utilisés prêtent parfois à confusion.

Invité du Grand Rendez-vous d’Europe 1, Christian Estrosi a présenté sa méthode pour "mater" les Roms, en réponse à une question sur les… gens du voyage. Une mise au point controversée, dénoncée lundi matin par Louis de Gouyon Matignon, président de l'association de Défense de la Culture Tsigane, comme un "amalgame perpétuel". Quelques jours plus tôt, Jean-Marie Le Pen, le président d'honneur du Front national, avait lui évoqué la présence "urticante" et "odorante" des Roms à Nice. Ces polémiques sont l’occasion de faire un point sur les différents termes utilisés pour désigner les populations nomades. Afin d’éviter les confusions lexicales. 

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Le peuple Rom. Le terme "Rom" a été adopté en 1971 par l’Union Romani internationale pour désigner un ensemble de population ayant en commun une origine indienne et dont la langue, le romani, est un dérivé du sanskrit. Rom signifie "homme de notre race" en langue romani. Regroupant aujourd’hui de dix à douze millions de personnes en Europe, ce peuple se divise en différentes familles, en fonction de son origine géographique.

Roms, gitans, manouches. La première entité issue du peuple Rom est celles des Roms. Ce terme désigne ceux qui vivent ou sont issus des pays d’Europe de l’Est, comme la Roumanie, la Bulgarie ou la Hongrie et les pays de l’ex-Yougoslavie. Ils représentent 85% du peuple Rom, selon Romeurope.  Les gitans ou "kalé", désignent les descendants des populations installés en Espagne au XVe siècle et qu’on trouve aussi aujourd’hui dans le sud-est de la France. Les termes Manouches ou "sinti", sont utilisés pour désigner les populations qui vivent principalement en  Allemagne, en Alsace et en Italie, comme le rappelle le site Quoi.info.

Les Tsiganes. Ce terme générique est employé pour désigner toutes les branches du peuple Rom. Mais, en Europe de l’Est, il comporte "une connotation péjorative" aux yeux de beaucoup de Roms et n’est donc utilisé que par des non-Tsiganes, relève le Conseil de l’Europe. A l’inverse, en Europe de l’Ouest, il est mieux toléré et parfois plus approprié en Europe occidentale, précise l’institution européenne, citée par LeMonde.fr.

Les gens du voyage. Ce terme ne désigne pas une population mais un statut juridique, créée au tournant des années 70. Estimés à 450.000 personnes, les "gens du voyage" sont une population dont le mode de vie est caractérisé par l’habitat en caravane. Le terme est appliqué aux personnes vivant plus de six mois en résidence mobile terrestre. La quasi-totalité est de citoyenneté française, selon la fédération nationale des associations solidaires d’actions avec les Tsiganes.  Soumis à un régime particulier, ils doivent attendre trois ans, au lieu de six mois, pour s’inscrire sur les listes électorales. En lieu et place de leur adresse figure sur leur carte d’identité leur numéro de titre de circulation.