Ritaline : un succès inquiétant chez les enfants
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Les médecins redoutent ce médicament censé lutter contre l'hyperactivité des enfants.

C'est la nouvelle pilule à la mode chez les parents dont les enfants sont trop énergiques et surtout hyperactifs. La Ritaline, surnommée parfois "drogue des enfants", connait un succès grandissant en France. En l'espace de cinq ans, le nombre de boites vendues de Ritaline, ainsi que celui de deux autres médicaments similaires, a progressé de 70 %, passant de 283.000 en mars 2008 à 476.000 boites en mars 2013. Mais ce succès commercial masque des effets indésirables que redoutent les médecins.

Une "pilule miracle"… Tous les praticiens s'accordent à le reconnaitre : la Ritaline est un médicament très efficace pour traiter les enfants hyperactifs. Une dizaine de comprimés, affirment certains médecins, suffisent pour voir des résultats : l'enfant dort mieux, est plus attentif en classe, etc. "C'est simple, pratique, rapide, ça a un effet d'apaisement" confirme au micro d'Europe 1 le professeur Maurice Corcos, spécialiste de l'adolescent à l'institut mutualiste Montsouris.

… aux effets secondaires parfois violents. En dépit des bénéfices qu'elle procure aux patients, la Ritaline est loin de faire l'unanimité. "C'est une substance de type stupéfiant. Est-ce que ça soigne ? Non", alerte ainsi le Pr. Corcos. D'autant que le traitement peut s'accompagner d'effets secondaires parfois violents. Juliette, 15 ans, traitée pendant plusieurs mois, raconte à Europe 1: "Je n'avais plus faim, j'avais du mal à dormir. J'ai eu des palpitations. Une fois, pendant un contrôle, mon cœur s'est mis à battre très vite. J'avais l'impression de ne plus pouvoir respirer. Ça me pourrissait la santé", se souvient-elle.

Une pression sociale forte. Mais en dépit des inquiétudes de la haute autorité de santé, qui s'inquiète des effets à moyen et long terme, les ventes de Ritaline ne faiblissent pas. Selon le docteur Pinable, interrogé par Europe 1, cela s'explique aussi par la pression des parents qui veulent que leur enfant réussisse à tout prix. "Les parents ont l'impression que le traitement sauve l'enfant d'un parcours d'échec inéluctable", explique-t-il. Et tant pis si l'enfant souffre de troubles de la croissance ou s'il réagit mal au traitement.