Retraites : la mobilisation s'essouffle

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Retraites : la mobilisation s'essouffle
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Ils étaient 560.000 à défiler dans les rues selon le ministère de l'Intérieur, 2 millions pour la CGT.

Cette septième journée de mobilisation a été marquée par une baisse sensible du nombre de manifestants. Selon le ministère de l'Intérieur, ils étaient 560.000 à travers toute la France à défiler jeudi, contre la loi réformant le système de retraite, qui a été définitivement votée mercredi. Il s'agirait de "la plus faible participation depuis le début des journées de mobilisation en juin".

La CGT estime pour sa part qu'il y a eu presque deux millions de personnes dans les rues. Le 19 octobre dernier, ils étaient, selon ces mêmes sources, de 1,1 de 3,5 millions de manifestants.

Des cortèges réduits

A Paris, la CGT a reconnu que la mobilisation était en recul avec 170.000 manifestants, contre 330.000 le 19 octobre dernier. La préfecture de son côté a décompté quelque 31.000 personnes dans la rue, contre 67.000 lors de la précédente journée.

Entre 12.000 et 150.000 personnes ont défilé dans les rues de Marseille, selon les chiffres de la police ou des syndicats. Des chiffres en baisse par rapport à celle du 19 octobre qui avait réuni de 23.000 à 240.000 manifestants. A Toulouse, ils étaient entre 15.000 et 120.000 à manifester jeudi matin, contre 35.000 à 155.000 personnes lors de la précédente journée de mobilisation, le 19 octobre.

A Lyon, ils étaient 11.000 selon la préfecture, 32.000 selon les syndicats, au lieu de 18.000 et 45.000 précédemment. Un premier bilan provisoire de la police a recensé 13.000 manifestants à Paris, où la manifestation a commencé à 13h30. Signe de cette mobilisation en recul, le défilé n'a pas été scindé en deux, contrairement aux précédentes manifestations.

Dans le reste de la France, ils étaient de 4.700 à 5.900 personnes à défiler à Nice, 15.000 à 120.000 à Toulouse, 18.300 à 70 000 Bordeaux et 9.500 à 25.000 à Rennes. Les manifestants étaient à chaque fois moins nombreux que lors des précédentes journées de mobilisation.

Une loi "promulguée" mais pas "juste"

Malgré cette baisse attendue, Bernard Thibault, secrétaire général de la CGT, voulait maintenir son objectif : que le texte de loi ne soit pas promulgué.

"Notre détermination reste intacte", a-t-il déclaré jeudi matin sur Europe 1. Le secrétaire général de la CGT garde d’ailleurs bon espoir, les Français s’étant emparés du sujet. "Ce qui est impressionnant, c'est que s'est sans doute la première fois qu'au lendemain du vote d'une loi, nous ayons des manifestations d'aussi grande ampleur" et "avec un soutien aussi populaire", a-t-il ajouté.

"Nous continuerons à la contester et à tout faire pour qu'elle soit réformée", a ajouté le secrétaire général de la CFDT François Chérèque, avant de lancer : "ce n'est pas parce qu'une loi est promulguée, qu'elle est votée, qu'elle devient juste".

Grève : moins de perturbations

Selon le gouvernement, 4,06% des fonctionnaires d'Etat étaient en grève jeudi, un chiffre en baisse par rapport aux précédentes journées d'action.

Dans les transports, le trafic des trains et de plusieurs réseaux urbains étaient perturbés, mais à un moindre degré que le 19 octobre. A la SNCF entre 16% et 26,5% grévistes ont été recensés, selon les chiffres de la direction et de la CGT. Dans l'aérien, 50% des vols sur Orly et 30% dans les autres aéroports étaient annulés, autant que les dernières journées de grève.

A La Poste, 6,33% du personnel ont observaient la grève, contre 10% le 19 octobre et 16% le 12.Chez France Télécom, ils sont 7,56% de grévistes, contre 15,01% le 19 octobre et 20,18% le 12 octobre. Côté étudiants, entre 5 et 6 universités sur 83 au total, étaient perturbées ou bloquées partiellement jeudi matin.

Le secteur pétrolier commence lentement à se débloquer, mais 6 raffineries sur 12 sont toujours en grève totale ou partielle. Dans la matinée, les salariés de LyondellBasell, dans les Bouches-du-Rhône, ont décidé de débloquer le dépôt. Toutefois l'approvisionnement en brut reste problématique du fait de la grève sur des terminaux pétroliers. Une station-service sur cinq reste privée de carburants.