Retraites : la bataille des chiffres

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Retraites : la bataille des chiffres
@ MAXPPP
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Entre syndicats et Renseignements Généraux, la bataille des chiffres est loin d’être terminée.

1,12 million (selon le ministère de l'Intérieur) et plus de 2,7 millions (selon la CGT). Les chiffres du nombres de manifestants, lors de la mobilisation du 7 septembre dernier, contre la réforme des retraites, sont passés du simple au double en fonction de la source. Une illustration récurrente du désaccord entre les syndicats et les Renseignements Généraux, dont les nombres de manifestants concordent rarement.

Deux méthodes…archaïques

Un écart qui peut s’expliquer par les différentes méthodes utilisées pour compter. Du côté des syndicats, les organisateurs chronomètrent le temps de trajet de la manifestation sur la longueur du cortège, en se basant sur une vitesse de 2 kilomètres/heure. Puis ils estiment le nombre de manifestants à différents endroits du défilé sur une bande d’un mètre de large. Ils calculent ensuite une moyenne.

Du côté des Renseignements Généraux, la méthode, également manuelle, est un peu différente. Les agents utilisent un petit compteur mécanique. "Tous les 10 manifestants ont clique", explique l’un d’eux. Un comptage manuel qui est désormais doublé d’un dispositif vidéo. Une caméra qui enregistre toute la manifestation.

L’arrivée de la vidéo

Un comptage incontestable, selon Jean-Louis Gressier à la Direction du renseignement à la Préfecture de police."La vidéo est re-visionnée pour recalculer le nombre de manifestants", explique-t-il, sur Europe1.

Mais il existe des variantes dans ces calculs. Faut-il, par exemple, prendre en compte les personnes qui marchent sur les trottoirs en marge de la manifestation ? "Nous syndicats, nous comptons les badauds sur les côtés des manifestations", explique Maurice Marion, de la CGT, à Europe1.fr. Les RG ne le font pas. "Mais je pense que la différence vient aussi du fait que le ministère de l’Intérieur revoit au rabais le chiffre que lui communique les RG", estime-t-il. Le syndicaliste propose, pour que "tout le monde soit d’accord, que syndicats et RG" comptent ensemble les manifestants. "On l’a proposé, mais ça a été refusé", précise-t-il.