Retrait de prothèses : une opération simple

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Retrait de prothèses : une opération simple
@ REUTERS
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Le retrait de prothèses mammaires PIP est sans danger et dure une heure.

"Si la prothèse n'est pas abîmée, ce qui est la majorité des cas, on ouvre, on enlève la prothèse et le changement est relativement simple", décrit le Dr Emmanuel Delay. Voilà, en résumé à quoi peuvent s’attendre les 30.000 femmes susceptibles d’être candidates à l’explantation de prothèse mammaire PIP.

Une opération d’une heure

Le changement de prothèses mammaires, est le plus souvent une intervention "simple", d'une heure environ, sous anesthésie générale, a expliqué un chirurgien de la Société française de chirurgie plastique reconstructrice et esthétique.

En dehors du cas particulier des prothèses PIP défectueuses, une patiente porteuse d'implants mammaires doit d'ailleurs le plus souvent s'attendre à devoir un jour remplacer ses prothèses.

Inciser l’incision

Le retrait de la prothèse se fait en principe par la même incision que pour la pose, avec plusieurs "voies" possibles : aréolaire (dans le segment inférieur de l'aérole), axillaire (incision sous le bras, moins fréquente en France) ou sous-mammaire (incision dans le sillon situé sous le sein).

Après la pose d'implants, l'organisme forme naturellement une fine membrane autour, appelée "capsule périprothétique", qui isole le corps étranger des tissus environnants. Lorsque l'on retire la prothèse, si elle est "parfaitement saine", on peut garder cette capsule.

Capsulotomie en cas de fuite

Si elle est infiltrée de silicone, en cas de fuite de la prothèse, il faut faire une "capsulotomie". "On l'enlève pour repartir de zéro", a précisé le Dr Delay.

Cette membrane naturelle a l'avantage de contenir, au moins pour un certain temps, le gel de silicone qui aurait fui à travers l'enveloppe de la prothèse.

Mais, à un moment, le gel de silicone peut finir par franchir la membrane et former un "siliconome", une "boule" de silicone dans le sein. "Cela complique les choses, alors qu'un changement de prothèses simple, c'est trois fois rien", a souligné le chirurgien.

L’explantation parfois difficile

Le "pouvoir irritant" du gel non médical utilisé dans les prothèses défectueuses peut conduire à des réactions inflammatoires, rendant difficile l'explantation, a relevé le ministère de la Santé.

De son côté, Denis Boucq, chirurgien plasticien à Nice, qui avait opéré Edwige Ligoneche, porteuse de prothèses mammaires PIP défectueuses avant que celle-ci ne succombe à un lymphome en novembre, a expliqué qu’une de ses patientes avait été opérée "pendant deux heures trois quarts" jeudi car ses deux prothèses avaient rompu.