Retour à la normale à Penly

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Retour à la normale à Penly
Le réacteur numéro 2 de la centrale va rester à l'arrêt plusieurs jours.@ REUTERS
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La fuite d'eau radioactive à la centrale de Penly pose des questions. Europe1.fr fait le point.

L'incident a été classé au niveau 1, le moins important, par l'Autorité de sûreté nucléaire (ASN). Le réacteur numéro 2 de la centrale nucléaire de Penly, en Seine-Maritime, a été coupé automatiquement jeudi après deux départs de feu, et une fuite d'eau radioactive a été détectée sur un joint du circuit de refroidissement du réacteur, avant d'être maîtrisée dans la nuit. Europe1.fr fait le point sur les questions qui se posent après cet incident.

Quelle est la situation actuelle à la centrale de Penly ? La fuite a été maîtrisée vers 4 heures du matin et le "plan de mobilisation interne" a pu être levé une heure plus tard. EDF a ensuite annoncé "un retour à la normale" sur le circuit de refroidissement du réacteur.

Le réacteur a continué à refroidir toute la nuit et devrait être en "arrêt à froid", permettant une intervention sur le circuit primaire de refroidissement "peut-être ce soir" ou un peu plus tard dans le week-end. "On ne redémarrera pas avant de savoir ce qui s'est passé", a assuré EDF.

Quelle est la cause de l'incident ? L'ASN doit inspecter la centrale vendredi pour déterminer les causes exactes des deux départs de feu et de la fuite d'eau.

Jeudi, vers midi, une fuite s'est déclarée au niveau du "circuit d'huile d'une des quatre pompes du circuit primaire" du réacteur. La pompe a chauffé, s'est arrêtée et a entraîné l'arrêt automatique du réacteur. Une partie de l'huile, très chaude, a coulé sur le sol, entraînant deux départs de feu. Quant à la fuite d'eau, elle est liée au fonctionnement de la pompe victime de la fuite d'huile. D'après EDF, l'un des joints sur la pompe aurait été défectueux.

Qui est intervenu sur le site ? Ce sont des pompiers, en tenue de protection contre la radioactivité, qui ont éteint les deux départs de feu dans le bâtiment réacteur. La force d'intervention rapide, dont la création a été annoncée par EDF après Fukushima, pour faire face aux accidents nucléaire, est encore en cours d'installation et ne sera pas opérationnelle avant 2013, selon Le Figaro.

Faut-il s'inquiéter ? "A aucun moment cela n'a été dangereux", a assuré sur Europe 1 le directeur adjoint du parc nucléaire chez  EDF, Philippe Drouelle. Laurent Lacroix, directeur délégué du site, a pour sa part minimisé l'incident, affirmant que "c'est un événement qui arrive parfois dans la vie d'une centrale". ESF assure par ailleurs que l'incident n'a eu "aucune conséquence sur l'environnement". "L'ASN a provisoirement classé cet événement en niveau 1 sur l'échelle Ines" (échelle internationale des événements nucléaires), a indiqué l'Autorité.

Mais Yves Martignac, expert indépendant, a affirmé sur Europe 1 qu'au contraire, cet incident "n'est pas du tout anodin". "C'est un avertissement très sérieux d'avoir aujourd'hui un incident sur une pompe du circuit primaire d'un de nos réacteurs", a-t-il prévenu, pointant le "phénomène de vieillissement" des centrales, ainsi que la "pression à la rentabilité, qui fait qu'on ne remplace pas certaines pièces", autant d'éléments qui augmentent le risque de défaillance. "Et qui dit défaillance dit à chaque fois potentiel début d'un scénario d'accident".

Que disent les associations ? Pour Greenpeace, l'incident est "sérieux". "Pour le moment, on ne peut pas dire que ce soit grave au niveau des conséquences environnementales ou de santé extérieure", affirme Yannick Rousselet, spécialiste du nucléaire au sein de l'ONG, ajoutant qu'il s'agissait toutefois d'un "accident grave au sens de la sûreté". L'association écologiste demande en outre un "contrôle de toutes les pompes".

Le réseau Sortir du nucléaire juge de son côté que "le risque incendie est un risque grave pour la sûreté nucléaire", qui n'est "pas traité correctement". "Les pompiers et les personnels de secours sont intervenus dans une atmosphère radioactive et probablement contaminée par l'incendie", affirme aussi Sortir du nucléaire, qui réclame "d'urgence" que des données soient fournies par l'ASN sur cet aspect.