Retarder l'âge de la retraite protège d'Alzheimer

  • A
  • A
Retarder l'âge de la retraite protège d'Alzheimer
@ MaxPPP
Partagez sur :

D'après une étude, chaque année de travail supplémentaire bloquerait les symptômes de la maladie.

L'étude. En pleine concertation sur le système des retraites, voilà un argument auquel les partisans d'un report de l'âge de départ n'ont probablement pas pensé. Retarder l'âge de la retraite protègerait en effet  d'Alzheimer, selon une grande enquête de l'Inserm et de l'International Longevity Center (ILC), le centre international sur la longévité. Les chercheurs ont interrogé plus de 400.000 artisans et des chefs d'entreprise à la retraite depuis au moins douze ans. Ils nous fournissent pour la première fois la preuve que travailler protège de cette maladie neurodégénérative.

Les chiffres sont même très précis : après 60 ans, chaque année travaillée en plus réduit de 3 % le risque de souffrir un jour d'Alzheimer. Autrement dit, en repoussant la retraite de 60 à 65 ans, on réduit de 15% le risque de développer la maladie.

Les symptômes bloqués. En réalité, la stimulation du cerveau par le travail n'empêche pas exactement l'apparition de la maladie elle-même,  mais elle en bloque des symptômes. Les plaques amyloïdes, typiques de la maladie d'Alzheimer, auront beau encrasser peu à peu le cerveau, celui-ci, stimulé par le travail, parviendra tout de même à contourner les lésions en fabriquant de nouvelles connexions.

"La vie professionnelle est le moyen le plus intense pour mobiliser ses fonctions cérébrales", souligne le Pr Françoise Forette, présidente de l'ILC, à l'initiative de cette enquête, interrogée par Europe 1. "Parfois, vous sortez à 6 heures du soir en vous disant 'j'ai la tête en bois tellement j'ai travaillé'. Cette 'tête en bois' permet de bien conserver ses fonctions intellectuelles et d'activer ses réseaux neuronaux." Et si vous êtes déjà à la retraite, restez actifs pour maintenir votre activité cérébrale : "il n'y a pas que la vie professionnelle", poursuit le Pr Françoise Forette. "On sait que l'activité physique, le bricolage, les activités de loisirs, etc, sont importants."

Ces données sont d'autant plus intéressantes qu'à l'heure actuelle, aucun médicament ne retarde l'apparition de la maladie de façon aussi évidente.