Résidences-services pour les seniors : le gouvernement sommé d'agir

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Résidences-services pour les seniors : le gouvernement sommé d'agir
@ MaxPPP
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Le gouvernement a reporté la réforme qui vise à encadrer les tarifs exorbitants de ces résidences. Les associations s'inquiètent.

Leur prix peut atteindre des sommets. Les résidences-services pour les seniors s'avèrent être un gouffre financier pour de nombreux pensionnaires ou propriétaires. L'ancienne ministre en charge des personnes âgées, Michèle Delaunay, s'était emparée du problème. En novembre 2013, elle avait ouvert une grande concertation entre l’Etat, les partenaires sociaux et les élus. Objectif : proposer une loi d’orientation et de programmation sur "l’adaptation de la société au vieillissement", comprenant un volet à part sur les résidences-services. Ce projet de loi devait être présenté début avril en conseil des ministres. Mais avec le remaniement, la réforme a été retardée et les associations s'inquiètent.

Un système au forfait qui endette les seniors. Depuis le remaniement, les associations n'ont, en effet, plus de nouvelles du projet de loi, qui comprenait une mesure qu'elles réclamaient depuis plusieurs années, à savoir : la possibilité pour les seniors de ne payer que les services qu'ils utilisent.

Ces résidences offrent une vraie alternative aux seniors qui ne veulent pas aller en maison de retraite, mais juste avoir accès à quelques services au quotidien. Problème : à l'heure actuelle, ces résidences fonctionnent sous forme de forfait. Que les seniors profitent ou non des cours de gym, du restaurant ou encore des aides à domicile, tous doivent payer l'ensemble des prestations. Et la situation est encore est pire pour les personnes qui héritent de ces appartements. Elles doivent en effet payer les services et les charges, jusqu'à 1.000 euros par mois,  même si le logement est vide et que personne n'habite dedans.

"Il faut repenser ce système". Pour ces raisons, Bruno Audon, qui a fondé une association de défense des victimes, estime qu'il faut que ce projet de loi devienne une priorité. Lui qui attend cette réforme depuis des semaines, lance aujourd'hui un appel au gouvernement. "Il faut absolument que les pouvoirs publics prennent des mesures intelligentes et indispensables. J'espère que Madame Rossignol (la nouvelle secrétaire d'Etat à la famille, ndlr) reprendra ce dossier et qu'elle saura l'imposer. Il faut repenser ce système parce qu'il a pour conséquence de mettre dans des situations dramatiques des personnes, d'un point de vue financier et psychologique" s'alarme Bruno Audon au micro d'Europe 1.

Pour les associations, il y a donc urgence. En France, il existe près de 400 résidences de ce type. Des dizaines de milliers de personnes ont investi dans ce genre de logements. Certaines sont aujourd'hui endettées, d'autres ont arrêté de payer, et sont aujourd'hui poursuivies par la justice.


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