Renault : "ne pas payer les pots cassés"

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Renault : "ne pas payer les pots cassés"
@ Maxppp
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<CUSTOM NAME="HIGHLIGHT">EXCLU</CUSTOM> - Marc Tixador, chef de la sécurité, ne veut pas être le seul à être tenu responsable.

Des têtes vont tomber lundi chez Renault. Un conseil d’administration extraordinaire se tient en ce moment même au siège du constructeur automobile, pour tirer les leçons de la fausse affaire d'espionnage, qui a conduit à licencier brutalement trois cadres de la société, accusés de corruption.

Si l’on ne connaît pas encore le sort du PDG Carlos Ghosn ou du numéro 2 Patrick Pélata, certains salariés ne se font guère d’illusion sur leur avenir. Marc Tixador, membre du service de sécurité chez Renault, est de ceux-là. Mais il ne veut pas payer seul les agissements de son ancien collègue Dominique Gevrey, l'escroc présumé, qui a été mis en examen dans cette affaire.

"Je n’ai fait que mon boulot" :

"Je vois mal comment Renault peut conserver en l’état une direction de la sécurité après ce qui vient de se passer", admet cet ancien policier au micro d’Europe 1. "Mais ce que je voudrais, c’est sortir de la façon la plus propre, et ne pas payer les pots cassés. Puisqu’en fait je n’ai fait que mon boulot. Je n’avais pas pour mission de contrôler M. Gevrey. Je travaillais avec lui dans la confiance et avec la confiance de notre directeur. Il y avait quand même toute une chaîne de contrôle qui aurait pu aussi intervenir."

"Je ne comprends pas ce qui m’arrive"

D’autant que Max Tixador assure avoir voulu faire preuve de plus de prudence dans cette affaire. "J’avais plutôt la tendance d’essayer de bien analyser les documents. Je ne voulais pas d’emballement. Et à mon niveau, la sonnette d’alarme, je ne pouvais la tirer qu’auprès de mon supérieur hiérarchique, à qui j’avais dit : ‘attention, ce n’est que du renseignement, on ne peut pas aller au licenciement avec ça. A un moment donné, il faudra qu’on puisse revérifier ces informations’. Mais ça allait très vite. Je n’ai pas été entendu", déplore-t-il. "Et je n’avais pas la possibilité, compte tenu du caractère confidentiel et du cloisonnement qu’il y avait dans cette affaire, d’aller directement voir le directeur général ou le directeur des cadres dirigeants en leur disant : ‘attendez, attendez, il faut aller à la police’. Ce n’était pas à moi de le faire. Je ne pouvais pas le faire."

Aujourd’hui, l’homme a une pensée pour les trois cadres pointés du doigt dans cette affaire, avant d’être réhabilités. "Je suis effondré par cette affaire, j’en suis complètement abasourdi. Et je compatis aussi pour ces salariés que nous avons indûment licenciés, avec l’impact sur leur vie et le traumatisme que cela a pu leur occasionner", déclare Marc Tixador. "Je comprends puisque je me trouve aujourd’hui dans la même situation. Je suis moi-même en attente d’un entretien qui peut aller jusqu’au licenciement. Et je ne comprends pas ce qui m’arrive."