Rejugés pour la mort de leur patiente

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Rejugés pour la mort de leur patiente
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Deux médecins d’une clinique privée de Neuilly seront jugés pour la 3e fois à partir de mercredi.

Ils vont être jugés pour la troisième fois, et ce treize ans après les faits. Deux médecins de la clinique privée Sainte-Isabelle à Neuilly-sur-Seine, dans les Hauts-de-Seine, ont rendez-vous devant la cour d'appel de Versailles à partir de mercredi. Ils sont accusés de graves négligences dans le suivi d'une patiente morte en 1998 après son accouchement.

Condamnés, mais ils exercent toujours

Sophie Porte, 39 ans, est morte quelques heures après son accouchement d'une "hémorragie de la délivrance", le 7 mai 1998. L'enfantement difficile d'un bébé de 4,7 kg avait provoqué d'importants saignements chez la mère. Les deux médecins avaient pourtant quitté rapidement la clinique, estimant que son état était stabilisé. Lorsque son état s’est dégradé, ils n’étaient pas joignables et à leur arrivée dans l’établissement de santé, il était trop tard.

En première instance, en mai 2009, le gynécologue obstétricien Patrick Sibella et son confrère anesthésiste Didier Bouquiaux avaient été reconnus coupables d'homicide involontaire par la cour de Versailles. Ils avaient été condamnés à de la prison avec sursis et une interdiction définitive d'exercer pour l'obstétricien, avant de faire appel.

Le 15 juin 2010, la Cour de cassation a annulé le premier arrêt, au motif que deux experts médicaux n'avaient pas prêté serment lors de ce procès. Résultat : aujourd’hui, les deux médecins continuent d'exercer dans la même clinique.

Un procès "douloureux"

Ce nouveau procès est "très douloureux" pour la famille de la victime, "obligée de retourner une troisième fois devant la justice", a dénoncé l'avocate du mari de la défunte, Me Sophie Maltet. Jean-Marie Porte est aujourd’hui écoeuré. Il a expliqué au micro d’Europe 1 qu’il voudrait tirer un trait sur cette affaire.

"Au bout de 13 ans, on n’a pas envie de repenser à ça" : 

L'enfant né en 1998 de cet accouchement, aujourd'hui une adolescente de 13 ans, a "du mal à se construire" après la mort de sa mère, a indiqué l'avocate.

Du procès, Jean-Marie Porte attend que la culpabilité des médecins soit "confirmée" une nouvelle fois. Et ce, même s’il estime qu’"ils n’auront vraiment jamais payé", car les médecins - âgés de 48 et 52 ans aux moments des faits - approchent aujourd’hui de la retraite.