Réforme pénale : le texte n'est "ni applicable ni finançable", pour Régnard

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INTERVIEW - Christophe Régnard, président de l'USM, déplore les amendements adoptés mercredi au Sénat.

"Si ce texte (...) devait voir le jour, je suis très inquiet pour le fonctionnement des juridictions". Christophe Régnard, le président de l'Union syndicale des magistrats (USM), s'est indigné jeudi matin sur Europe 1 des amendements adoptés par la commission des lois du Sénat sur le texte de la réforme pénale.

"Ce qui a été adopté hier en commission des lois au Sénat est l'exact contraire de ce qui nous semble nécessaire. On avait un texte pragmatique et équilibré, dans sa version gouvernementale. L'Assemblée nationale l'avait déjà un peu retouché dans un sens qui ne nous convenait pas et là maintenant c'est la porte ouverte à du grand n'importe quoi. Ce n'est ni applicable, ni finançable", a-t-il dénoncé.

L'USM reproche ainsi au Sénat de ne plus "adosser" la nouvelle "contrainte pénale" à la prison. "Pour [certaines] infractions particulières, le message envoyé aux délinquants, c'est qu'il n'y aura plus de prison encourue. Les délinquants vont vite savoir que ces mesures de contraintes pénales, vu leur nombre, ne pourront pas être suivies de façon très fine et pertinente", craint Christophe Régnard.

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