Raddad : l’ADN inexploitable ?

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Raddad : l’ADN inexploitable ?
Le jardinier marocain avait été condamné en 1994, mais avait bénéficié d'une grâce présidentielle en 1998.@ REUTERS
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L’ADN ne serait plus utilisable. Une version contestée par l'avocate d'Omar Raddad.

La vérité émergera-t-elle un jour dans l'affaire Omar Raddad ? Selon des propos rapportés par l'AFP, le parquet de Grasse aurait fait savoir mercredi que les experts n’avaient pas pu établir un profil génétique à partir des traces d'ADN retrouvées mélangées au sang de Ghislaine Marchal en 1991. Cette riche veuve d'un équipementier automobile, avait été retrouvée assassinée le 23 juin 1991 à son domicile de Mougins, dans les Alpes-Maritimes et Omar Raddad avait été condamné pour ce crime.

"On nous a demandé d'extraire du matériel génétique pour établir un profil génétique. Ce qui n'a pas été possible puisque les prélèvements avaient déjà été utilisés dans le cadre de la procédure", en novembre 2000, aurait indiqué le parquet de Grasse.

L'avocate de Raddad dément

Mais selon l'avocate d'Omar Raddad, Me Sylvie Noachovitch, "la Chancellerie et le Parquet m’ont confirmé ce jour que le laboratoire n’a pas encore procédé à cette comparaison". "Monsieur le Procureur adjoint de Grasse a simplement indiqué, qu’à son sens, il n’y avait pas assez de matière dans celles prélevées en 2000 pour obtenir un résultat exploitable", a indiqué l'avocate dans un communiqué.

"Je tiens à préciser que lorsque le laboratoire aura procédé à cette analyse et si ce dernier constate qu’il n’y a effectivement pas assez de matière, il faudra alors procéder à un nouveau prélèvement sur les deux portes de la chaufferie et dans la cave ainsi que sur le chevron", développe encore Me Sylvie Noachovitch.

Le jardinier clame son innocence

Omar Raddad, qui continue de clamer son innocence, réclame une révision de sa condamnation de 1994. Il en veut pour preuve deux autres empreintes ADN masculines retrouvées sur les lieux du crime dans l'inscription "Omar m'a tuer", écrite avec le sang de Ghislaine Marchal, et qui ne correspondent pas aux siennes. La justice a cependant refusé en 2002 un nouveau procès.

Condamné à 18 ans de réclusion, le Marocain a bénéficié d'une libération conditionnelle le 4 septembre 1998 après une grâce présidentielle partielle de Jacques Chirac. Fin 2010, le parquet de Grasse a été chargé de vérifier des éléments "nouveaux" transmis par un détective persuadé de l'existence d'un sosie du jardinier. En vain jusqu'alors.