Radars : des disparités selon les départements

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Radars : des disparités selon les départements
@ Maxppp
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ENQUETE - Face au démontage des panneaux, les usagers ne sont pas logés à la même enseigne.

Il y un mois, en plein couac et face à la fronde des députés UMP, Claude Guéant suspendait le démontage des panneaux avertissant de la présence des radars, en promettant une concertation dans les départements, et des radars pédagogiques, sans PV. Où en est-on ?

Les préfectures avaient jusqu'au 15 juin pour organiser des concertations. Désormais, le démontage des panneaux a repris dans plusieurs départements et le rythme devrait s'accélérer dans les semaines à venir. C'est notamment le cas en région lyonnaise. Objectif : plus aucun panneau d'ici au 1er octobre. Sur l'A7, un premier radar automatique n'est plus signalé. Un "flash surprise" qui agace certains automobilistes.

"Le problème, ça n’est pas qu’on veut rouler vite. Le problème, c’est qu’on ne veut pas être piégé. Moi je fais 50.000 kilomètres par an, si je ne suis pas au courant, je n’aurai plus de permis", prévient un usager au micro d'Europe 1.

"On place des radars pour nous piéger" :

Mais ce nouveau radar ne verbalise pas encore. Aucun PV n’est délivré tant qu'un radar pédagogique ne sera pas installé en amont. Une décision prise lors des concertations qui ont eu lieu dans chaque département. Autour de la table, préfet, forces de l'ordre, élus locaux et associations d'automobilistes.

Mais parmi ces dernières, certaines ont parfois eu l'impression que tout était joué d'avance."J’aurai bien voulu qu’il y ait un débat qui s‘installe. Je n’ai pas senti cette réunion très accrocheuse", raconte au micro d'Europe 1 Georges Rivière, représentant de la Prévention Routière en Mayenne. "J’ai eu comme une vague impression que ça a été un petit peu fait à la va-vite. La supercherie, c’est que, de toute façon, la décision était déjà prise", renchérit Michel Bardoux, représentant de la Fédération des motards en colère dans le Puy-de-Dôme.

Des départements plus souples que d'autres

Le démontage de tous les panneaux avait bien été décidé en amont. Un scénario adopté par tous les départements, sans exception. C’est donc l'implantation des futurs radars pédagogiques qui était au menu des discussions. Conclusion : tous les automobilistes ne seront pas logés à la même enseigne.

Certains départements se sont montrés plus souples : le Doubs par exemple, ou encore l'Isère, la Côte-d'Or, l'Indre, où il y aura systématiquement un radar pédagogique en amont de chaque radar répressif. Sauf que ce dernier pourra être beaucoup plus éloigné du radar, plusieurs kilomètres avant.

Mais dans la majorité des départements - les zones les plus urbaines - la décision a été nettement plus radicale. Les panneaux vont disparaître tout de suite, et tous ne seront pas remplacés. Ce sera notamment le cas en Ile-de-France. A Bordeaux, il restera trois radars sans avertissement. Deux dans le centre-ville de Metz. Dans certaines régions, on va faire moitié-moitié.

>>> Les panneaux seront-ils remplacés par des radars pédagogiques dans votre département ? Consultez notre document.

"Deux poids deux mesures"

Des variations qui agacent Laurent Héquet, président de l'association 40 millions d'automobilistes. "On voit bien qu’on a deux poids, deux mesures en fonction des départements. Ce qui nous importe, c’est que les gens ne soient pas piégés et qu’ils comprennent la sanction", explique-t-il.

Et de mettre en garde : "Nous disons :’attention, cette politique tend à être personnalisée département par département alors que la politique de sécurité routière doit être comprise et doit être nationale".

Il reviendra au ministère de l'intérieur de trancher et d’harmoniser, notamment sur des itinéraires qui traversent plusieurs départements. La facture des 4.000 radars pédagogiques promis par le gouvernement devrait être salée, sachant qu’une pièce coûte entre 2.000 et 5.000 euros. Un budget de 8 millions d'euros de budget a déjà été voté.

La mise en place de radars pédagogiques sera financée par l'argent des PV. Sur les quatre premiers mois de cette année, 16 millions d'euros de surplus se trouvent déjà dans les caisses des radars fixes.