Quelles "failles" dans l’affaire Merah ?

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Quelles "failles" dans l’affaire Merah ?
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François Hollande a reconnu jeudi à Toulouse les manquements du renseignement français.

"Le drame de Toulouse a révélé certaines failles dans l’organisation de notre renseignement". La phrase de François Hollande, jeudi après-midi à Toulouse, à l’occasion de sa visite à l’école Ohr Torah en compagnie du Premier ministre israélien Benjamin Netanyahou, a mis en lumière les dysfonctionnements évoqués depuis des semaines dans le cadre de l’enquête sur Mohamed Merah.

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Des "failles objectives"

Le président de la République n’a pas choisi le mot de "faille" au hasard. Celui-ci est inscrit noir sur blanc dans le rapport de 17 pages remis la semaine dernière par l’IGPN, la police des polices,  au ministre de l’Intérieur, Manuel Valls.

Plus précisément, ce rapport évoque des "défaillances objectives" et des "dysfonctionnements". Concrètement, il est notamment apparu que la "fiche S", la fiche sûreté de l’Etat de Mohamed Merah, a été désactivée pendant plusieurs mois alors qu’il était déjà repéré.

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© Capture écran

De plus, l’entretien de Mohammed Merah dans les locaux toulousains de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI), à la fin 2011, à son retour d’un séjour dans la zone pakistano-afghane, n’a étrangement pas connu de suites. Quatre mois plus tard, Mohammed Merah commettra le pire en tuant en mars trois parachutistes puis trois enfants et un père de famille dans une école juive.

Un manque de coordination entre les services

Alors, à qui la faute ? Elle est en partie collective : le rapport des deux policiers de l’IGPN insiste sur le manque de coordination entre les services de police.  Cette thèse semble d’ailleurs confortée par les propos tenus devant le juge d’instruction par deux policiers, et révélés mercredi par le journal Libération.  

Le patron de l'antenne toulousaine de la DCRI, Christian Ballé-Andui, et "Hassan", un brigadier qui était à Toulouse chargé du suivi de Merah, avaient ainsi envisagé dès juin 2011 la transmission au parquet du dossier du "tueur au scooter", mais leurs supérieurs de la direction centrale n'auraient pas réagi à cette alerte. En effet, au siège de la DCRI à Levallois-Perret, dans les Hauts-de-Seine, personne n’aurait jugé bon d’avertir la justice anti-terroriste.