Quelle suite à la mobilisation ?

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Quelle suite à la mobilisation ?
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Les syndicats pourraient appeler à manifester jeudi, le Sénat doit boucler la réforme ce week-end.

Et maintenant ? Au lendemain de la journée sixième de mobilisation nationale contre le projet de réforme des retraites, la suite de la protestation va prendre forme jeudi. Les syndicats doivent, en effet, se réunir ce jour-là à Paris pour décider de nouvelles actions.

Sans attendre la réunion de l'intersyndicale des salariés pour décider de la suite, lycéens et étudiants entendent poursuivre leur mobilisation, particulièrement forte mardi avec 180.000 jeunes dans les rues, selon le syndicat étudiant Unef. Les principales organisations lycéenne et étudiante, l'UNL et l'Unef, ont appelé à un rassemblement à 11heures devant le Sénat.

178 lycées encore bloqués

Par ailleurs, l'Unef, tout comme les deux principales organisations lycéennes, la Fidl et l'UNL, ont fait savoir que leur préoccupation sera la coordination des syndicats étudiants avec leurs aînés pour assurer un service d’ordre efficace et éviter les débordements qui ont émaillé la journée de mardi.

Dans les lycées, la suite du mouvement s'organise également. Le nombre de lycées "perturbés à des degrés divers" était mercredi à 9 heures de 178, en baisse par rapport aux chiffres recensés depuis une semaine dans le cadre du mouvement lycéen contre la réforme des retraites, selon le ministère de l'Education nationale.

Mercredi matin, des lycées étaient, par exemple, bloqués à Paris par des élèves. A Hélène-Boucher (XXe arrondissement), les protestataires ont organisé un vote à bulletins secrets pour décider de la suite du blocage, mené par 200 élèves. Non loin, le lycée Maurice-Ravel était également bloqué, tout comme les lycées Victor-Hugo et Sophie-Germain, dans le cossu IVe arrondissement de Paris. En province, des actions étaient également menées, comme au lycée Saint-John-Perse de Pau, selon le quotidien La République des Pyrénées.

La stratégie de l’intersyndicale définie jeudi

Le syndicat Solidaires, pour laquelle la journée de mardi sur les retraites a été "un succès" et "un record historique", juge nécessaire de "ne rien lâcher". "Le bras de fer est engagé, il faut le gagner. Face à un gouvernement qui ne veut faire aucune concession, qui refuse toute négociation, il n'y a qu'une solution, amplifier et approfondir la mobilisation", martèle le syndicat.

Mais si Solidaires considère que "la grève reconductible doit s'étendre à tous les secteurs", toutes les autres organisations syndicales n’ont pas encore défini leurs lignes de conduite. La CFDT pourrait être tentée de lever le pied pour faire office de négociateur avec le gouvernement.

La CGT est attentive aux réactions de sa base, tandis que FO va "discuter des modalités futures. Il y a des réserves en terme de mobilisation", selon son secrétaire général Jean-Claude Mailly. Seule certitude, le gouvernement, s’il veut encore faire évoluer son projet, s’engouffrera dans les divisions entre syndicats.

Le Sénat coincé au moins jusqu’à samedi

Pendant ce temps-là, le débat sur le projet de loi de réforme des retraites continue sur son rythme de croisière au Sénat. Le gouvernement ayant fermé la porte à toute nouvelle modification de la réforme, les sénateurs de gauche mettent désormais toutes leurs forces pour faire durer la discussion et permettre de nouvelles manifestations.

Il restait encore près de 380 amendements à examiner mardi en fin de journée et à un rythme d'examen inférieur à dix par heure, la réforme ne sera pas votée avant samedi, malgré des séances de nuit allongées au maximum. Le vote était initialement fixé au 15 octobre.