Quel avenir pour le statut d'intermittent ?

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Quel avenir pour le statut d'intermittent ?
@ WOSTOK PRESS/MAXPPP
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ZOOM - Pour sauver l’Unedic, faut-il sacrifier les intermittents ? Retour sur un serpent de mer.

Les intermittents doivent travailler 507 heures pendant dix mois pour pouvoir prétendre à huit mois d’indemnités, payées par la collectivité. Un régime avantageux, accusé de tous les maux à l’heure où la dette de l’Unedic explose et pourrait atteindre 22 milliards d’euros à la fin 2014 et 37 milliards en 2017, si rien n’est fait. Au moment où les partenaires sociaux se retrouvent pour tenter de sauver le modèle social de l’indemnisation chômage à la Française, politiques, patrons et intermittents se déchirent. >> Europe1.fr revient sur les positions de chacun.

La suppression pure et simple.Le Medef, via son président Pierre Gattaz, a un avis tranché sur la question. Le syndicat patronal prône la suppression pure et simple du régime des intermittents. En d’autres termes, les intermittents ne travaillant pas deviendraient des chômeurs comme les autres, soumis aux mêmes droits, et aux même cotisations. Laurence Parisot, ex-patronne du Medef a toutefois jeté un pavé dans la marre en défendant lundi ce régime, au nom du "statut de la culture dans notre pays".

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Réformer et plafonner. Laurence Parisot s’aligne ainsi sur les propositions de la ministre de la Culture qui préfère un plafonnement du cumul des salaires et des allocations chômages à 4.600 euros (soit 175% du plafond de la sécurité sociale). Aurélie Filippetti s’oppose à la possibilité de changer les seuils (le nombre d'heures nécessaires pour être indemnisé, soit 507 heures sur dix mois ou dix mois et demi en fonction des métiers), pour une indemnisation de huit mois. La ministre ne se prononce toutefois pas sur le mode de calcul de l’indemnité journalière, pourtant au cœur du débat.

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Ne rien changer (ou presque). Les partisans du statu quo sont parfois ceux qu’on attend le moins. Dans un rapport de la Cour des comptes publié fin novembre, l’institution pointe le coût et les règles de ce régime. Mais au nom de la "solidarité", elle "ne remet pas en cause l'existence d'un régime spécifique." Ainsi, afin de limiter les abus, elle invite à "se poser la question du bon niveau de solidarité" et préconise d'augmenter les cotisations employeurs, et de les réduire si le recours à l’intermittence diminue. Toutefois, la Cour des comptes souhaite poursuivre la "différenciation entre techniciens et artistes", autrement dit conserver les spécificités de chaque métier quant au temps de travail imposé pour ouvrir les droits au chômage.

Améliorer le statut. La CGT Spectacle, principal syndicat de la profession, s’accorde avec le gouvernement sur la possibilité de plafonner mensuellement le cumul allocations avec les salaires. Toutefois, elle souhaite étendre à douze mois la période pendant laquelle un intermittent peut obtenir ses 507 heures, pour une indemnisation de douze mois. Elle réclame également la prise en compte de congés maternité et maladie, ainsi que les heures de formation dispensées (à hauteur de 169 heures). Autres propositions : faire entrer plus de cotisations sociales de la part des intermittents les mieux payés, dont les cotisations ne peuvent excéder quatre fois le plafond de la Sécurité sociale. La CFDT propose également de faire contribuer les "bénéficiaires finaux". Les chaînes de télévision sont notamment visées. Elles sont accusées d’abuser de ce régime au lieu d’engager ses salariés en CDI.

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