Quatre ans ferme requis contre Kerviel

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Quatre ans ferme requis contre Kerviel
@ REUTERS
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Le procureur a accablé l'ex-trader et a requis contre lui 5 ans de prison, dont 4 ferme.

"Seul Jérôme Kerviel a déraillé parmi les 1.600 traders de la Société générale (...) Jérôme Kerviel a fait sauter son mandat dont il connaissait les contours. Il était dans la stratosphère". Au 12e jour du procès, le procureur de la République a accablé l'ex-trader lors de son réquisitoire et a requis contre lui une peine de 5 ans de prison, dont quatre ferme.

Le maximum encouru par l'ex-trader, qui a fait perdre 5 milliards à la SocGen, était de cinq ans de prison ferme et 375.000 euros d'amende, pour abus de confiance, faux et usage de faux, et introduction frauduleuse de données dans un système automatisé.

"Une affaire historique"

Durant leur réquisitoire, les deux représentants du ministère public, Jean-Michel Aldebert, chef de la section financière du parquet, et Philippe Bourion, ont démontré, selon eux, que les trois infractions étaient clairement constituées.

C'est une "affaire unique, voire historique". Une "étrange affaire en effet", a lancé en début de l'audience, Philippe Bourion, dans laquelle "on arrondit les chiffres au milliard près", a-t-il poursuivi, commençant à démontrer "l'extravagance" de la position de la défense, consistant à dire : "on ne m'a pas arrêté dans mon action donc je ne suis pas coupable".

"Un fraudeur professionnel"

Pour Jérôme Kerviel, "chaque instant est un instant de fraude", de "simulation, rouerie, feinte, volte-face", a ajouté Philippe Bourion, accablant Jérôme Kerviel d'un "talent exceptionnel de comédien", d'une "faculté hors du commun de travestir la réalité", avant d'énumérer les situations, conversations, courriels, dans lesquels il a abusé de la confiance de ses collègues.

"Jamais la qualification pénale d'abus de confiance n'a aussi bien porté son nom", a renchéri Jean-Michel Aldebert. Pour lui, Jérôme Kerviel est "un professionnel de la fraude", "surentraîné", "cynique", ayant mis au point un "système organisé, méthodique, continu" destiné à "trahir la confiance" de la banque et de ses salariés.

"Un manipulateur et un menteur"

Selon l'accusation, Jérôme Kerviel ne peut pas prétendre que ses activités n'étaient pas contrôlées, puisqu'il a "dépensé une énergie incroyable pour contourner les contrôles".

"Votre tribunal le jugera donc pour ce qu'il est : un manipulateur, un tricheur et un menteur", qui a causé "un traumatisme planétaire", a conclu Jean-Michel Aldebert, estimant qu'"il s'agit d'arrêter le discrédit sur les banques" et qu'"il en va de l'ordre public, économique et financier".

Le procès se termine vendredi avec la plaidoirie de l'avocat de Jérôme Kerviel, Olivier Metzner. Il entend demander la relaxe de son client au motif que la banque ne pouvait ignorer les agissements du trader.