Quand le web chasse les radars embarqués

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Quand le web chasse les radars embarqués
@ Capture d'écran
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Un groupe Facebook recense les références des radars "nouvelle génération" mis en service en Haute-Garonne.

Les automobilistes toulousains contre-attaquent. Alors que les radars mobiles embarqués dans des voitures banalisées ont fait leur entrée en service en mars dernier, des conducteurs prennent des initiatives pour éviter de se faire flasher. C'est particulièrement le cas dans la région toulousaine où des automobilistes ont lancé un groupe Facebook qui recense les Mégane noires banalisées de l’escadron départemental de la sécurité routière. Au total, on dénombre 46 véhicules banalisés équipés de radars déployés dans 18 départements. Il devrait y en avoir une centaine d'ici la fin de l'année.

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Des voitures banalisées mais... reconnaissables. Les plaques d'immatriculation des deux véhicules banalisés qui parcourent la Haute-Garronne ont notamment été recensées sur la page Facebook du collectif "Tous ensemble contre les contrôles et radars sur Toulouse". Ce groupe consiste à divulguer les plaques d'immatriculation des radars nouvelles générations, photos à l'appui. Le groupe recense également les alertes des internautes. Ces derniers rapportent par exemple avoir aperçu l'un des deux radars circuler à tel ou tel endroit.

Comme tous les véhicules du département, les deux Mégane noires ont une plaque immatriculée 31 avec la croix occitane à côté. Signe distinctif toutefois : le flash infrarouge du radar se situe dans la bouche d'aération à l'avant de la voiture et l'antenne radar est cachée derrière la plaque d'immatriculation. Le véhicule est par ailleurs toujours conduit par deux officiers en uniforme, policiers ou gendarmes.

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Une pratique risquée. Diffuser publiquement ces deux immatriculations n'est pas interdit, mais rouler en les guettant peut s'avérer très risqué selon le colonel Gérard Escolano, chef du bureau de la sécurité routière à la Gendarmerie.

"A partir du moment où vous allez focaliser votre attention sur une plaque d'immatriculation, forcément, vous ne regardez plus la route, vous ne regardez plus les panneaux et vous ne regardez plus les véhicules devant vous, donc le danger est augmenté. Je pense qu'il est préférable de respecter les limitations de vitesse pour éviter d'être à l'origine d'un accident de la circulation routière dans ces conditions", commente-t-il au micro d'Europe 1.

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La gendarmerie pas intimidée. Si le groupe Facebook recense déjà près de 14.000 abonnés, la gendarmerie ne compte pas pour autant changer les plaques d'immatriculation. Une plaque d'immatriculation ça peut se changer, mais je ne pense pas que ça présente un intérêt. Au contraire, les gens connaissent le véhicule, peut-être que cela va les inciter à faire attention à la vitesse, non pas aux véhicules, mais tout simplement aux règles de circulation routière", estime le chef du bureau de la sécurité routière à la Gendarmerie.

En mars dernier, le site ABCMoteur avait lancé une initiative sur Internet consistant à recenser dans toute la France les véhicules banalisés équipés de radars. Une pratique qui pourrait vite se révéler inefficace.  Selon le calendrier fixé, il devrait y avoir 300 radars "nouvelle génération" mis en place sur tout le territoire d'ici à 2015. Il faudra donc pas mal de mémoire aux automobilistes pour retenir tous les numéros de plaque.