Quand le froid vire au cauchemar

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Quand le froid vire au cauchemar
La maraude de la croix rouge renforce ses tournées@ Maxppp
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TÉMOIGNAGES E1 - SDF, travailleurs à l'extérieur. Le froid touche plus durement certains Français.

Les Français ne sont pas égaux devant le froid. Alors que les températures plongent largement sous la barre de zéro, certaines personnes sont plus exposées à ces conditions météorologiques extrêmes : les SDF, ceux qui travaillent dehors mais aussi ceux qui vivent dans les campings.

Alain habite depuis près de 8 mois dans une caravane de 7 mètres carré avec ses deux chiens près de Toulouse. Cet ouvrier qualifié travaille en intérim et gagne juste assez pour payer son loyer de 250 euros. Quand il rentre de mission, vaincre le froid est sa principale préoccupation. Il faut compter une bonne heure pour que son chauffage au gaz réchauffe l'atmosphère.

Alain a calfeutré son auvent avec quelques plaques isolantes récupérées sur des chantiers. Pour réchauffer son lit, il utilise le système D.

"L'air arrive par en-dessous. Mes draps sont mouillés. Les mousses sont totalement mouillées. Je me couche avec mon maillot et mon survêtement ou alors un caleçon très chaud. Je prends le fer à repasser, je chauffe les draps et je rentre dans le lit. Comme à l'ancienne. Je ne mérite pas ça", conclut-il.

"L'air arrive par en-dessous" :

Les sans-abris en danger

A Arras, au centre d'accueil pour SDF de la Margelle, c'est l'heure de la distribution des repas. Popeye a déjà connu les nuits dehors par des températures glaciales

"Ça nous permet d'être au chaud. Pour les gens de la rue, c'est important. On peut prendre un café, discuter entre nous. C'est important. Les températures sont extrêmement basses et c'est vrai que ça peut sauver pas mal de vies. Vivre dans la rue, c'est extrêmement difficile", affirme Popeye.

Julien Fontaine est responsable du service d'accueil et d'orientation pour les personnes en difficultés. "Jusqu'ici, il ne nous est pas arrivé d'être bloqués face à une demande particulière.On n'a refusé personne, on a toujours trouvé des solutions. Ça continuera comme ça", précise Julien Fontaine.

La vigilance des associations se concentre sur les sans-abri qui refusent l'accueil en foyer quelles que soient les températures.

Chantiers, marchés... les travailleurs sont congelés

Sous leurs casques de sécurité, un bonnet et deux capuches. Ali et Abdel passent 100% de leur temps de travail à l'extérieur, sur le chantier de démolition du 1er arrondissement de Paris. "Le matin, nous sommes congelés mais nous n'avons pas le choix. Si nous rentrons dans le bungalow, le chef nous dit "pourquoi tu n'es pas en train de charger les bennes ? Pourquoi tu ne fais pas ça ?". Si on n'obéit pas, vous savez comment ça marche".

Même combat sur les marchés, même si un vendeur sur deux est resté chez lui. Alain craint pour ses légumes. "Les tomates, la courgette, ces choses-là, ça s'esquinte. On est obligé de les cacher et si on les cache, on ne les voit pas. Si on ne les voit pas, on ne les vend pas", déplore le maraîcher.