Prostitution : les clients un jour pénalisés ?

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Prostitution : les clients un jour pénalisés ?
La proposition de loi prévoit jusqu'à deux mois d'emprisonnement et 3.750 euros d'amende pour les clients@ Maxppp
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L'Assemblée nationale a voté mardi une résolution "abolitionniste". Un premier pas...

Droite et gauche parlant d'une même voix. Les députés de l'Assemblée nationale ont adopté mardi une résolution réaffirmant "la position abolitionniste" de la France en matière de prostitution. Cette position de principe devait être suivie du dépôt d'une proposition de loi sur la pénalisation des clients.

Mais, derrière cette image forte, rien ne permet de dire si le texte sera inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée, du moins avant la fin de la législature. Car cette résolution n'a aucune valeur contraignante. Le texte réaffirme l'objectif d'une "société sans prostitution". "La prostitution ne saurait, en aucun cas, être assimilée à une activité professionnelle", peut-on encore lire.

"Non, la prostitution n'est pas le plus vieux métier du monde. Il faut désormais l'envisager sous l'angle des violences faites aux femmes. Notre pays est abolitionniste depuis 50 ans et on doit entrer maintenant dans le concret et notre proposition de loi aura des incidences très concrètes", affirment l'UMP Guy Geoffroy et la socialiste Danielle Bousquet, tous deux à l'origine de la proposition de loi.

Le texte, aussi soutenu par la ministre des Solidarités Roselyne Bachelot, prévoit des peines pour les clients allant jusqu'à deux mois d'emprisonnement et 3.750 euros d'amende.

"Démagogie" crie la Droite populaire 

La convergence de vues affichée opposition et majorité n'empêche cependant pas les divergences de vues dans les deux camps.

Le député de la Droite populaire, Jacques Myard a ironisé, dans les couloirs de l'Assemblée, sur "la convergence, à la mode en ce moment, avec l'Allemagne". "On a signé les mêmes conventions sur la prostitution mais les Allemands ont des Eros centers ! Et si la pénalisation était la solution, il y a longtemps qu'on l'aurait trouvée". Lionnel Luca a lui dénoncé "la démagogie la plus complète. La France invente l'eau chaude ; par les temps qui courent, on a d'autres sujets à traiter!"

La voix discordante des féministes

A gauche, la proposition de loi n'a pas encore été discutée en réunion de groupe. Des personnalités féministes comme Elisabeth Badinter se sont cependant d'ores et déjà prononcées contre l'abolition et la pénalisation dans la presse. "Si une femme souhaite gagner en trois jours ce que d'autres gagnent en un mois à la caisse d'un supermarché, c'est son droit", a-t-elle dit mettant comme "seule condition, mais elle est essentielle" que la femme "ne soit pas contrainte".

Enfin, les écologistes se sont montrés très partagés.  "La moitié d'entre nous est abolitionniste mais l'autre moitié considère que les prostituées sont des travailleuses du sexe pour qui il faut, à court terme, obtenir des droits sanitaires et sociaux", a conclu Yves Cochet.