Prostitution : à la rencontre des "marcheuses" de Belleville

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Prostitution : à la rencontre des "marcheuses" de Belleville
Le nombre de prostituées asiatique a été multiplié par trois en moins de cinq ans dans le quartier de Belleville.@ MaxPPP
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REPORTAGE - Ces femmes asiatiques sillonnent un quartier parisien tous les jours et par tous les temps.

L’INFO. La mesure est forte : sanctionner les clients des prostituées. La proposition de la loi examinée vendredi à l’assemblée entend s’attaquer à un phénomène de plus en plus visible dans les rues dans grandes villes : la prostitution. Le nombre de prostituées en France atteindrait, au minimum, 20.000 à 40.000 personnes, selon les chiffres officiels. Aujourd’hui, 80 à 90% des prostituées sont d'origine étrangère, un "renversement historique", puisqu'elles n'étaient que 20% en 1990. Ces femmes viennent notamment d'Europe de l'Est, d'Afrique noire, de Chine et d'Amérique du Sud. Europe 1 est allé à la rencontre de ces femmes dans le quartier de Belleville, dans l’est de Paris.

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Les "marcheuses" de Belleville. Sur le boulevard de la Villette, dans le 19e arrondissement de Paris, elles  arpentent le bitume tous les jours, et par tous les temps. Leur nombre a triplé en moins de cinq ans. Emmitouflées dans leurs doudounes noires, les mains fourrées dans les poches elles attendent, en discutant entre elles. Pour Catherine, une concierge du quartier, la prostitution est en plein essor. "Ça a commencé petit à petit et maintenant, ils ne se cachent même plus", assure-t-elle au micro d’Europe 1. Dans son immeuble, trois appartements hébergent des prostituées et Catherine observe quotidiennement le balai incessant des prostituées et de leurs clients. 

Sur le trottoir pour rembourser leur passeur. Dans le quartier de Belleville,  les prostituées asiatiques sont surnommées les "Dongbei", en référence à leur région d’origine.  Elles viennent en effet majoritairement du nord-est de la chine, une région très industrialisée qui a subi la crise de plein fouet. Avant leur venue en France, beaucoup étaient  salariées ou même entrepreneurs. Elles se retrouvent désormais avec un enfant, des études à payer, et émigrent clandestinement en France dans l’espoir de pouvoir aider leur famille. Mais elles déchantent vite, se retrouvant parfois, à 40 ans, obligées de  faire le trottoir pour  rembourser leur passeur.

>> Dans son Vrai-Faux, mercredi matin, Laurent Guimier s'est interrogé sur le modèle suédois en matière de prostitution :



Prostitution : La Suède en exemple  ?par Europe1fr

Dans les filets des réseaux de proxénétisme. "Le voyage pour venir en France leur a coûté entre 6.000 et 12.000 euros", relève, Tim Leicester, responsable du Lotus Bus, une association d’aide et de soutien aux prostituées asiatiques. Ces femmes, qui souvent ne parlent pas un mot de français, sont  la plupart du temps victime de racket communautaire, forcées à se prostituer pour rembourser leur passeur. Et, à 30 euros la passe en moyenne, les prostituées font gagner gros aux proxénètes. Selon le gouvernement, la prostitution étrangère rapporte aux mafias plus de 2 milliards d’euros par an.


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