Professionnels de santé, les fraudeurs n°1

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Professionnels de santé, les fraudeurs n°1
Actes fictifs et facturations multiples sont les fraudes les plus courantes.@ MAXPPP
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Selon un rapport, les assurés ne représentent qu’une part minime des arnaques à la Sécu.

La fraude aux prestations sociales agite la classe politique depuis la proposition de Thierry Mariani de ficher les allocataires à l’échelle nationale. Un rapport de la Délégation nationale à la lutte contre la fraude, obtenu par le quotidien Les Echos vient s’ajouter au débat. Il concerne la fraude à l’Assurance-maladie. Et ses conclusions ne sont pas forcément celles que l’on pouvait attendre…

En effet, selon ce rapport, ce sont les professionnels de santé qui fraudent le plus, loin devant les assurés. L’an dernier, le montant de ces fraudes a atteint 156,3 millions d’euros. Sur cette somme, environ 120 millions proviennent des professionnels.

Les hôpitaux en tête

En tête du palmarès, les hôpitaux, qui sont à l’origine de plus de 70 millions d’euros de fraudes. La méthode la plus courante consiste à facturer un acte différent - et plus onéreux - que celui effectué, ce qui permet à l’établissement de récupérer plus d’argent. Mais a priori, une grande partie de ces fraudes seraient en fait des erreurs, au moment de remplir la grille très complexe des prestations.

Parmi les corps de métier abusant le plus des prestations sociales, on trouve en première ligne les infirmiers libéraux, qui facturent plus de visites au domicile de patients qu’ils n’en effectuent réellement. Un coût de 13 millions d’euros pour l’assurance-maladie. Viennent ensuite les transporteurs sanitaires, avec 7 millions d’euros, qui utilisent de fausses ordonnances pour facturer des trajets qui n’ont pas été faits.

Abus des arrêts maladie

Quant aux médecins, dentistes, kinésithérapeutes et pharmaciens, ils ne sont pas non plus en reste en ce qui concerne les actes fictifs et les facturations multiples.

Si les assurés ne sont pas les plus importants fraudeurs, ils sont néanmoins nombreux à abuser des arrêts maladie, pour un préjudice de 5 millions d’euros. Il s’agit souvent de personnes continuant à travailler tout en percevant des indemnités journalières. Il y a également les fraudes à la couverture maladie universelle, avec l’usurpation d’identité, qui représente 2,5 millions d’euros.

Le fichier des bénéficiaires de prestations sociales, dont l’objectif est entre autres de combattre ce type de fraudes, pourrait voir le jour dès la fin de l’année.