Procès Modolo : un "sadisme de groupe"

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Procès Modolo : un "sadisme de groupe"
Daniel Glezer, expert-psychiatre au procès MOdolo@ MAXPPP
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Un expert décrit les personnalités des agresseurs. La mère de William ne pardonnera "jamais".

La cour d'assises des Bouches-du-Rhône a tenté mardi de comprendre comment les agresseurs de William Modolo avaient pu atteindre un tel degré de violences. Le jeune homme avait été retrouvé mort dénudé et mutilé en mai 2006 à Saint-Cannat dans les Bouches-du-Rhône. Il avait été violé, blessé à plusieurs reprises par un instrument "piquant ou tranchant", tabassé avec différents objets. Sa peau avait été brûlée à plusieurs endroits et 12 de ses dents avaient été arrachées.

Il y a eu "un sadisme de groupe où, sous l'influence de leaders, les membres du groupe adoptent un comportement qu'ils n'auraient pas eu individuellement", a expliqué durant l'audience l'expert-psychiatre Daniel Glezer.

"Des personnalités mal structurées"

Les cinq personnes (le cas d'un des accusés a été disjoint) qui comparaissent depuis lundi ne sont "pas des personnes mentalement dérangées", a estimé le docteur Glezer, pour qui les mis en cause ont en commun "des histoires familiales mouvementées", "des personnalités mal structurées".

Jean-Pierre Planqueel, 31 ans, considéré comme le chef du petit groupe est "celui dont la personnalité s'est le plus mal structurée" avec un père inconnu jusqu'à 21 ans, une errance de foyer en famille d'accueil ou en hôpital psychiatrique puis dans la rue. Franck Julien, 39 ans, a priori l'autre meneur du groupe, a été décrit quant à lui comme un homme dont "les pulsions sont mal gérées" et qui fait preuve de "froideur affective". Des symptômes renforcés par la consommation de cocaïne et d'alcool.

Jamais de "pardon"

La mère de William Modolo a affirmé qu'il n'y aurait jamais de "pardon". "Je vois mes filles, je me dis qu'on doit continuer pour elles, on regarde le petit-fils qui vient d'arriver et on se dit que la vie est quand même belle et que William est là-haut", a-t-elle ajouté.

Auparavant, sa fille aînée, Sandrine, avait déclaré : "on m'a arraché mon petit frère", qu’elle a décrit comme un "gros bébé de 20 ans". Le verdict est attendu le 10 septembre.