Procès de l’hormone de croissance, acte II

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Procès de l’hormone de croissance, acte II
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Ils ne sont plus que deux à encourir une sanction pénale. Mais les familles attendent beaucoup.

En 2008, en première instance, les sept médecins et infirmiers poursuivis dans le cadre du scandale de l’hormone de croissance avaient tous été relaxés par le tribunal correctionnel de Paris. Deux ans plus tard, ils ne sont plus que deux sur le banc des prévenus à risquer une sanction pénale. Le procès en appel de cette catastrophe s'est ouvert lundi matin devant la cour d'appel de Paris, pour deux mois.

Au cœur de ce dossier, se trouve l’hormone de croissance, fabriquée à partir d'hypophyse prélevée sur des cadavres et inoculée jusqu’en 1988 à des enfants trop petits. 120 d’entre eux sont morts, contaminés au passage par la maladie de Creutzfeldt-Jacob.

Qui est responsable ?

Pour l’accusation, c’est toute la chaîne de fabrication de l’hormone qui est en cause. Mais le premier procès a montré les limites des connaissances de la science dans les années 80. A la clé, une relaxe générale.

Seuls Fernand Dray, 88 ans, ancien responsable d'un laboratoire de l'Institut Pasteur, et Elisabeth Mugnier, 61 ans, pédiatre à la retraite, risquent désormais des sanctions pénales. Ils sont accusés d'homicide involontaire en raison de "graves fautes d'imprudence et de négligence". Trois autres personnes seront rejugées, sur des intérêts civils. Elles n'ont donc à craindre que d'éventuels dommages et intérêts.

Les familles attendent toujours

Deux personnages clés du dossier ont disparu. Le professeur Jean-Claude Job, ancien président de l'association France Hypophyse, qui avait le monopole du traitement à l'hormone de croissance, est mort en octobre 2008. Marc Mollet, ancien responsable du conditionnement du médicament à la Pharmacie centrale des Hôpitaux, est lui décédé depuis la fin du premier procès.

Pour les familles de victimes, ce second procès est important. "Le premier procès, c’est une pantalonnade. On a fait s’exprimer toutes les victimes en pensant : 'on va les faire parler, elles vont se calmer quand elles auront pleuré un bon coup'. Maintenant, il ne faut plus faire du compassionnel. Il faut faire du concret. Ce n’est pas possible de ne pas reconnaître des responsabilités, des culpabilités, c’est pas humain", s'agace Francine Delbrel, la mère de Bénédicte, décédée en 2003.

Mais d'autres familles de victimes sont aujourd'hui découragées. "Il a fallu se remobiliser", reconnaît Jeanne Goerrian, présidente de l’Association des victimes de l'hormone de croissance.