Procès Colonna : le commando à la barre

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Procès Colonna : le commando à la barre
@ REUTERS
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Six membres du commando condamné pour l’assassinat du préfet Erignac témoignent à partir de mardi.

Le troisième procès Colonna entre dans une nouvelle phase. A partir de mardi, les six membres du commando condamnés en 2003 pour l'assassinat du préfet de Corse Claude Erignac, sont en effet attendus à la barre.

Des déclarations "ambigües"

Quatre d’entre eux (Didier Maranelli, Pierre Alessandri, Martin Ottaviani et Joseph Versini) avaient mis en cause Yvan Colonna durant leurs gardes à vue en mai 1999, puis devant le juge d'instruction. Les trois premiers l'avaient même désigné comme le tireur ayant abattu le préfet de trois balles dans la nuque, le 6 février 1998 à Ajaccio. Ils avaient esquissé un autre scénario, celui d’un Yvan Colonna désigné pour tuer le préfet, mais qui se dégonfle le soir du crime.

Mais, plusieurs mois plus tard, les membres du commando s'étaient finalement rétractés. Leurs déclarations, jugées ambigües aux deux premiers procès d'Yvan Colonna, n'avaient pas convaincu la cour d'assises spéciale, qui avait condamné le berger de Cargese à la perpétuité.

Des témoignages décisifs

Leurs témoignages sont d'autant plus attendus qu'au troisième jour d'audience de ce 3ème procès, Yvan Colonna avait créé la surprise en admettant avoir connu "à un moment" l'existence de leur "groupe des anonymes", tout en continuant de réfuter y avoir appartenu.

L’avocat d’Yvan Colonna, Me Pascal Garbarini, se réjouit de cette audience, qui permettra selon lui de lever le flou sur la responsabilité de son client dans le meurtre du préfet Erignac.

"Il s'est passé quelque chose entre eux" :

"Je crois qu’il y a une part de vérité qui appartient aux membres du commando et à Yvan Colonna", a livré l’avocat au micro d’Europe 1. "Il s’est manifestement passé quelque chose entre eux. Que les policiers aient suggéré le nom d’Yvan Colonna, c’est fort probable, mais qu’ils aient accepté le deal qui était proposé par les policiers démontre qu’il y avait entre eux une difficulté, un problème", a part ailleurs argumenté l'avocat.