Procès Colonna : la défense à l'attaque

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Procès Colonna : la défense à l'attaque
@ MAXPPP
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Le troisième procès d'Yvan Colonna s’est ouvert lundi matin devant la cour d’assises de Paris.

Le troisième procès en assises d'Yvan Colonna s'est ouvert lundi devant la cour d'assises spéciale de Paris. Cheveux courts et barbe naissante, vêtu d'une veste polaire grise, l'accusé est entré dans le box, le visage éclairé d'un large sourire avant d’adresser un geste de la main à ses proches. Une image qui contraste avec celle des deux premiers procès, où l’accusé affichait un visage fermé.

Colonna "déterminé à se battre"

Dès le début du procès, la défense a engagé une offensive pour obtenir l’acquittement d’Yvan Colonna. Pour Me Eric Dupond-Moretti, qui vient de rejoindre son équipe de défense, son client est "abattu par une détention extrêmement longue", mais "déterminé à se battre". Pour la première fois, ses avocats ont tenté lundi d'ébranler les charges qui pèsent contre lui dans l'assassinat il y a treize ans du préfet Claude Erignac, en affirmant que les dénonciations de ses accusateurs en 1999 avaient été recueillies lors de gardes à vue "illégales".

"Il y avait un certain nombre de déclarations qui, semble-t-il, mettaient en cause Yvan Colonna. Mais nous estimons que ces gardes à vue sont irrégulières", a fait valoir un autre avocat d'Yvan Colonna, Me Dehapiot. "Donc on demande à la juridiction qu'est la cour d'assises de tirer les conséquences qui s'imposent", a-t-il ajouté.

"Il faut s'attendre à tout dans un procès de terrorisme"

Les avocats de la veuve du préfet Erignac sont apparus un peu surpris de cette offensive. "Il faut s'attendre à tout dans un procès de terrorisme", ont-ils confié à Europe 1. Rien ne dit cependant que la Cour va accéder à la demande d'Yvan Colonna. La décision devrait être vraisemblablement rendue mardi matin.

Fils d'une famille riche de Cargèse, devenu berger, sympathisant nationaliste revendiqué, Yvan Colonna a été condamné à perpétuité lors des deux premiers procès en 2007 et 2009, en dépit de ses constantes protestations d'innocence. En 2010, la Cour de cassation a annulé, pour un vice de procédure concernant une déposition de témoin, sa condamnation en appel de 2009, imposant cette troisième audience, cas de figure rarissime dans les annales judiciaires.