Procès Chirac : "il y a un mystère dans votre cas"

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Procès Chirac : "il y a un mystère dans votre cas"
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Europe1.fr vous a fait suivre la suite du procès Chirac.

La deuxième semaine du procès Chirac s'ouvre, toujours sans le principal intéressé, l'ancien chef de l'Etat dispensé d'assister aux audiences par la justice en raison de son état de santé. Le tribunal avait examiné jeudi, lors de la dernière journée de débat, des contrats qui auraient servi les ambitions électorales de Jacques Chirac. Au cours du week-end, l'ex-chef de l'Etat a été cité dans une autre affaire présumée de corruption, accusé par l'avocat et pilier de la "Françafrique", Robert Bourgi, d'avoir reçu des fonds occultes provenant de plusieurs chefs d’Etats africains.

 18h09 : Avant de lever l'audience, le président indique que l'un des particuliers qui s'est porté partie civile demande que les biens de Jacques Chirac soient gelés. Les débats reprendront mardi à 13h30. 

18h03 : "Le directeur de cabinet n'est pas le censeur du maire de Paris", affirme Michel Roussin, en réponse à l'un des avocats de l'association Anticor qui lui demandait qui il aurait averti s'il avait eu connaissance "d'actes illégaux" du maire de Paris. L'ancien directeur de cabinet a ensuite refusé de répondre à la question de l'avocat qu'il qualifie de "pure hypothèse".

 17h38 : Le tribunal examine enfin le contrat de Marie-Thérèse Poujade. La "doyenne de notre affaire", selon le président, est absente pour des raisons médicales. Cette ancienne professeure agrégée a bénéficié d'un détachement, en raison de difficultés d'élocution, à partir de 1981. Selon ses déclarations devant le juge d'instruction, Marie-Thérès Poujade rédigeait des notes sur l'éducation et la culture, à l'attention de Jacques Chirac. "Jacques Chirac m'avait fait une faveur. Il n'était pas nécessaire de l'étaler sur la place publique et d'ailleurs je ne rendais de compte qu'à lui", avait-elle dit.

Le président du tribunal indique que l'ancien directeur de cabinet, Michel Roussin, a noté par trois fois Marie-Thérèse Poujade. "Elle est la doyenne mais elle est aussi la meilleure, elle a 20/20 partout", remarque le juge Pauthe. "Oui, le magistrat instructeur avait qualifié ces notes de 'dithyrambiques'", répond Michel Roussin.

 17h34 : Ni les avocats des parties civiles, ni ceux de la défense, ni le parquet n'ont de question à poser à Pierre Boué. "Ce n'est pas un grand succès !" s'amuse le président du tribunal.

17h24 : Le juge Pauthe lit ensuite les déclarations de Jacques Chirac. Devant le magistrat instructeur, Jacques Chirac avait indiqué ne pas avoir souvenir que Pierre Boué ait travaillé pour lui : "je crois qu'il a surtout travaillé pour Jeannie Longo", avait ainsi déclaré l'ancien maire de Paris. 

17h15 : Le président du tribunal lit des déclarations de Jeannie Longo. La championne cycliste a assuré devant les enquêteurs que la mairie de Paris n'a jamais mis personne à sa disposition et qu'elle gère seule sa carrière avec son mari.

 16h46 : Pierre Boué explique son travail. "Quand je suis arrivé au cabinet, il fallait que je m'occupe des activités de Jeannie Longo et j'étais chargé de développer des événements sur le cyclisme", explique-t-il. "J'ai l'impression d'être un intrus parmi les prévenus puisque je n'avais aucun rôle politique. Je rédigeais des notes, des discours. J'ai aussi eu une activité plus que débordante auprès des mairies d'arrondissement", ajoute Pierre Boué.

En 1991, Pierre Boué crée la société Podium Prestige Innovation, une société commerciale qui gérait notamment le tour de France cycliste féminin et avait son siège quai des Célestins, dans les locaux de la mairie de Paris. Deux personnes en attestent, indique le juge Pauthe. "Ces deux personnes sont aigries car elles ont dû quitter l'organisation", répond Pierre Boué.

 16h30 : Le tribunal examine "le volet des sportifs", indique le président, avec le cas de Pierre Boué, soupçonné d'avoir bénéficié d'un contrat de chargé de mission litigieux. De 1990 à 1996, cet ancien journaliste sportif a été affecté auprès de Guy Drut, puis de son successeur. Il a également travaillé auprès de la cycliste Jeannie Longo. Le président rappelle les différentes versions qu'a données Pierre Boué au juge d'instruction. L'ancien journaliste dénonce des pressions dont il aurait fait l'objet de la part d'un ancien conseiller juridique de la mairie de Paris.

 16h28 : Le bâtonnier, Me Le Borgne, présente une fiche de notation de Jean-Claude Mestre, signée par Rémy Chardon. Mais les annotations "ne sont ni de ma plume, ni de mon écriture", assure l'ancien directeur de cabinet. "J'écris avec un stylo assez gras et là l'écriture est assez fine", précise-t-il. "On voit bien que les choses sont préparées à l'avance", note son avocat, Me Le Borgne.

 15h58 : L'audience est suspendue.

15h40 : Jean-Claude Mestre n'a pas pu prouver la réalité de son travail. "Je n'ai pu transmettre au magistrat instructeur qu'un rapport sur les Etats-généraux de l'Outre-mer", indique-t-il. "Il y a un mystère dans votre cas : c'est qu'on ait pu dresser des notations aussi élogieuses alors que personne n'a entendu parler de vous", note le juge Pauthe.

15h14 : Michel Roussin explique le fonctionnement du système de notation. "La notation concerne les agents en détachement. C'est le service utilisateur qui donne les éléments pour noter l'agent. Tout est déjà dactylographié et arrive dans la parapheur du directeur de cabinet pour signature", indique l'ancien directeur de cabinet de Jacques Chirac à la barre. "Le directeur de cabinet notait tous les agents, sur proposition du supérieur hiérarchique, et ça arrivait par parapheurs entiers. Nous passions notre temps à signer et contre-signer des avis de notation de gens que nous ne connaissions pas (...) Je signe au nom du maire de paris et je recopie la formule qui m'est soumise", confirme Rémy Chardon.

 15h08 : "Comment se fait-il que personne ne se souvienne de vos rapports ?", demande le juge Pauthe. "Je ne sais pas, mais c'est bien dommage", répond Jean-Claude Mestre.

14h50 : Le tribunal examine le cas de Jean-Claude Mestre qui aurait bénéficié d'un contrat de chargé de mission litigieux. "C'est moi qui ai sollicité la mairie de Paris car il me semblait que c'était une administration intéressante. Et après mes rencontres avec la DRH, on m'a fait comprendre que mes compétences seraient appréciées au sein de la mairie de Paris ", explique-t-il.

14h45 : Me Le Borgne met en cause Martine Garnier. "Je ne veux pas lui faire porter toute la responsabilité, mais elle a attendu un an avant d'aller voir la DRH pour dire qu'elle n'a plus de travail et s'ennuie. On lui a ensuite répondu qu'on allait la licencier mais qu'on allait continuer à la payer pendant six mois", dit-il.

14h40 : "Est ce que l'emploi de Mme Garnier avait le moindre intérêt politique ?", demande Me Kiejman, l'un des avocats de l'ancien maire de Paris, rappelant ainsi que le procès vise à prouver l'existence d'un "système politique" autour de Jacques Chirac.

14h10 : Le président du tribunal lit un extrait du PV d'audition de Martine Garnier. "Il était dans un placard en or et je servais de potiche", avait ainsi estimé l'ancienne chargée de mission devant les enquêteurs.

13h48 : François Musso est à la barre. L'ancien député européen s'explique d'abord sur son parcours et les raisons pour lesquelles il a pu bénéficier d'un contrat de chargé de mission dans le cadre d'une mission que lui avait confiée Jacques Chirac. "Nous étions en 1994 et à l'époque il n'y avait pas tous les moyens d'aujourd'hui. Il me fallait une secrétaire pour taper le rapport, j'en étais bien incapable", justifie François Musso. "Pour tout vous dire, je ne comprends pas pourquoi je suis mis en examen", ajoute-t-il. "Les frais de bureau et de secrétariat, ce n'était pas à moi de les prendre en charge", estime-t-il encore.

13h45 : Le tribunal examine en premier lieu le contrat de Martine Garnier. Engagée en 1994 comme chargée de mission de la Ville de Paris, elle aurait en fait travaillé pour le compte de François Musso. "Je l'ai rencontrée dans le centre de la France. Elle était seule avec un enfant handicapé, son mari l'avait laissée. Je l'ai donc orientée vers la Mairie de Paris", raconte-t-il.

13h36 : L'audience est ouverte. Avant l'ouverture des débats, Me Veil, l'un des avocats de Jacques Chirac, lit une lettre qu'il a reçue d'un détenu, dont il avait parlé la semaine dernière. Le détenu, lié à l'une des associations qui se sont portées parties civiles, y menace de mort le conseil de l'ancien président.