Procès AZF : place à la piste criminelle

  • A
  • A
Procès AZF : place à la piste criminelle
@ MAXPPP
Partagez sur :

Jusqu'à jeudi, le procès en appel est consacré à l'étude d'une piste vite abandonnée.

"Lacunes et négligences". Pour l'ancien juge antiterroriste Jean-Louis Bruguière, à la barre mardi, la piste criminelle n'a pas été suffisamment explorée dans l'enquête sur la catastrophe AZF à Toulouse le 21 septembre 2001.

Selon Jean-Louis Bruguière, qui a récemment été envoyé en mission par Total pour faire un audit, "pour la piste intentionnelle, il y a des perquisitions tardives, des négligences, des choses non faites", a expliqué l'ancien magistrat, en poste au moment des faits. "Il n'aurait jamais fallu privilégier l'hypothèse accidentelle", a-t-il estimé. "Celle d'une malveillance a été volontairement négligée dès le départ".

Tout est bon pour appuyer ou contredire la thèse criminelle

Jusqu'à jeudi, les responsables policiers vont faire face aux questions sur ce sujet brûlant. Ils ont toujours nié avoir négligé la piste terroriste alors que la catastrophe est survenue dix jours après les attentats du 11-Septembre.

Selon les experts judiciaires, la pire catastrophe industrielle en France depuis 1945 a été provoquée par le mélange malencontreux d'un produit chloré pour piscine avec du nitrate d'ammonium dans une benne. La défense juge un tel scénario impossible.

Les dommages, la forme du cratère, les ondes sismiques liées à cette gigantesque explosion, ce qu'ont entendu les témoins... tout a été bon aux parties pour appuyer ou contredire la thèse de l'accusation : "une seule explosion, d'origine chimique, a détruit le hangar stockant les nitrates déclassés".