Procès Ajimi : du sursis pour les policiers
© MaxPPP

Les policiers impliqués dans la mort du jeune homme ont écopé de peines de 6 à 24 mois avec sursis.

La famille d’Hakim Ajimi ne décolère pas. Les sept policiers impliqués dans la mort de ce jeune homme lors d’une interpellation à Grasse, en 2008, ont été condamnés vendredi à des peines de 6 à 24 mois de prison avec sursis. Ce verdict ne satisfait pas les proches de la victime, qui se battaient depuis quatre ans pour qu’un procès se tienne.

Dans le détail, deux agents de la BAC ont été reconnus coupables d’homicide involontaire et, pour l’un d’entre eux, également de non-assistance à personne en danger. Ils ont écopé de 18 et 24 mois avec sursis.

Une interpellation musclée

Un policier municipal a quant à lui été reconnu coupable de non-assistance à personne en danger et condamné à six mois d’emprisonnement avec sursis. Les quatre autres policiers jugés, issus d’une unité de police-secours, ont été relaxés. Dans son réquisitoire, le ministère public avait demandé des peines avec sursis pour tous les policiers jugés, détaillant les erreurs professionnelles ayant entraîné la mort d’Hakim Ajimi.

Le 9 mai 2008 à Grasse, Hakim Ajimi, psychologiquement fragile, avait été interpellé après avoir giflé son banquier. L’arrestation avait vite tourné à la bagarre et le jeune homme de 22 ans s’était retrouvé au sol, menotté et maintenu par trois policiers. Lorsqu’il avait ensuite été relevé et traîné, par les pieds, jusqu’à la voiture de police, au moins onze témoins ont affirmé qu’il paraissait inconscient.

Il est probablement mort durant la minute de son transport jusqu’au commissariat, sans qu’aucun policier ne s’en rende compte.

"Justice deuxième classe"

Le père de la victime, Boubaker Ajimi, a déploré l’existence d’une "justice première classe et d’une justice deuxième classe". "Pour nous, ce n’est pas justice rendue. Là, ils vont continuer à exercer leur travail comme s’ils n’avaient rien fait", s’est-il insurgé sur Europe 1. "On ne fait plus confiance à la justice, maintenant elle est complice", a-t-il lancé.

Ce jugement ne satisfait pas non plus les policiers condamnés, qui ont décidé de faire appel. L’avocat des policiers de la BAC, Gérard Baudoux, veut remettre en cause les méthodes d’immobilisation enseignées à l’école de police et qui ont été strictement appliquées, selon lui, dans le cas Ajimi. D’après l’avocat, "on a peut-être fait [des policiers] les boucs émissaires de certaines carences, de certains dangers qui existent dans l’enseignement qui est diffusé par l’école de police.