Privés à tort de la garde de leurs jumeaux

  • A
  • A
Privés à tort de la garde de leurs jumeaux
Maxime et Thibault ont été enlevés à leurs parents pendant trois mois@ MAXPPP
Partagez sur :

"On nous a collé une étiquette", regrette la mère, blanchie des accusations de maltraitance.

Ils ont été privés de leurs jumeaux pendant trois mois. Accusés à tort de maltraitance, Jean-Marie et Sabrina Ibanez ont été blanchis mercredi des accusations qui pesaient sur eux par le tribunal correctionnel de Grenoble, rapporte Le Parisien.

La mère accuse le médecin de négligences

Tout est parti d'une incompréhension. Le 17 septembre, Jean-Marie donne le bain à Maxime et Thibault, alors âgés de trois mois. Mais soudain Maxime lui glisse des mains. "Il a heurté le bord de la baignoire. Il n’avait pas l’air d’avoir mal. Je n’ai rien dit à ma femme car je craignais qu’elle me fasse des reproches", explique-t-il au quotidien. Le lendemain face à la jambe enflée du bébé, Sabrina, la maman des jumeaux, décide d’emmener Maxime d’urgence à l’hôpital. Le diagnostic est sévère : l’enfant souffre d’une fracture du fémur.

Ignorant la chute de son fils, la mère de 33 ans est incapable de fournir une explication plausible aux médecins. Pour le personnel médical, il n’y a pas de doute possible. Maxime est victime de maltraitance. Interrogée par Europe 1, Sabrina, la maman, accuse désormais le médecin de négligences dans le diagnostic sur son fils. "Il y a eu un médecin légiste qui a dit que la chute n'était pas compatible avec les explications du papa. C'est ce qui a tout déclenché alors qu'il n'a pas vu l'enfant. Il a fait ce certificat en voyant seulement la radio de Maxime et en voyant le compte-rendu de la pédiatre qui avait ausculté Maxime à l'hôpital", précise-t-elle.

La mère déplore le manque de précaution du personnel médical :

"La justice est allée beaucoup trop vite"

La machine judiciaire se met alors en marche. Le 23 septembre, le couple se retrouve en garde à vue à la gendarmerie de Rives. Quarante-huit heures plus tard, tous deux sont relâchés. Jean-Marie est poursuivi pour "violences volontaires sur mineur par ascendant". Les explications du père de famille n’ont pas convaincu, surtout pas le médecin nommé pour expertiser l’enfant. "Ce médecin n’a même pas vu l’enfant. Il ne s’est basé que sur des radios, un dossier médical. Ensuite, la justice est allée beaucoup trop vite dans cette affaire", déplore Jean-Marie.

Maxime et Thibault sont alors placés dans un foyer par l’aide sociale à l’enfance de Grenoble. "On n’avait le droit de les voir que deux fois par semaine, pendant une heure. C’est terrible pour des parents. On ne mangeait plus, on ne dormait plus", se souvient la mère des jumeaux. Un sentiment d'injustice également partagé par le maire de la commune de Rives, Alain Dezempte. "Ce sont des gens extrêmement sympathiques. Lui est artisan, elle travaille auprès de la petite enfance", insiste l'élu au micro d'Europe 1. "La commune n’a jamais eu le moindre problème vis-à-vis de ce couple. L’un et l’autre étaient d’ailleurs complètement paniqués, dépassés par ce qui leur arrivait. Pour eux, c’était véritablement une injustice", conclut Alain Dezempte.

Mais les parents n’abandonnent pas. Loin de là. Pour prouver leur innocence, Jean-Marie et Sabrina font réaliser deux expertises privées, à leurs frais. Le 14 décembre, au terme de trois mois d’une longue et éprouvante bataille judiciaire, l’électricien de 42 ans a été relaxé. Maxime et Thibault, eux, sont enfin rentrés à la maison.