Privée de ses enfants, elle attaque l'Etat

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Privée de ses enfants, elle attaque l'Etat
@ MAX PPP
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Elle n’a pas vu ses enfants depuis 16 ans. La justice lui a pourtant accordé un droit de visite.

La dernière fois qu’elle les a vus, ils avaient entre 6 et 16 ans. Ses quatre enfants ont aujourd’hui 16 ans de plus. Michelle Olivieri-Bauer a attaqué mardi l’Etat pour "faute lourde" devant la cour d'appel d'Aix-en-Provence. Motif ? Elle est privée de ses quatre enfants, trois filles et un garçon depuis des années et ce, en dépit d’un droit de visite qui lui a été accordé par la justice.

"La justice aurait dû maintenir les liens entre mes enfants et moi, ce qu’elle n’a pas fait et c’est très grave. J’attends que les juges reconnaissent leur faute. Ils ont massacré ma famille. Je vais mourir sans revoir mes enfants et sans connaître mes petits-enfants. J’ai tout perdu", s'est désespérée Michelle Olivieri-Bauer, au micro d'Europe 1.

En 1993, une procédure de divorce est engagée entre Michelle Olivieri-Bauer et son mari. Ce dernier enlève les enfants à la sortie de l’école. Quatre ans plus tard, la cour d'appel d'Orléans confirme un jugement de 1994 et accorde un droit de visite à la mère pour ses deux enfants encore mineurs, dans un point rencontre et en présence d'un tiers. Une décision de justice restée lettre morte.

La CEDH lui donne raison

Après avoir intenté plusieurs procédures pour non-présentation d'enfants à l'encontre de son ex-mari, Michelle Olivieri-Bauer a décidé de saisir la Cour européenne des droits de l’homme. Le 28 février 2006, la juridiction européenne lui a donné raison en estimant que le service français de la justice avait commis "une faute lourde constituée par son incapacité à protéger son droit à une vie familiale".

Faute de réactions de la part de la justice, Michelle Olivieri-Bauer a décidé d’intenter une action contre l’Etat pour faute lourde. Le TGI de Toulon a rejeté sa demande il y a un an. L’affaire est aujourd’hui entre les mains de la cour d’appel d’Aix en Provence.

Aliénation parentale ?

"La justice n'a pas rempli sa mission de service public qui est de préserver le lien entre les parents et l'enfant, et les liens familiaux en général", a indiqué l’avocate de la mère, Me Christine Ravaz, du barreau de Toulon. Michelle Olivieri-Bauer va plus loin et évoque l’aliénation parentale dont seraient victimes ses enfants. L'avocat de l'Etat, Me Pierre Conte, a, lui, plaidé la prescription des faits.

La décision a été mise en délibéré au 18 mai. En attendant, Michelle Olivieri-Bauer a tenu à lancer un appel pour ses enfants : "je suis toujours vivante, je vous attends et je vous aime".