Prison ferme pour les faussaires

  • A
  • A
Prison ferme pour les faussaires
Partagez sur :

Douze personnes ont été condamnées vendredi à Créteil pour avoir peint ou vendu de faux tableaux.

L’un se prenait pour Picasso, Chagall, Léger… les autres écoulaient ses œuvres. Le tribunal correctionnel de Créteil a prononcé vendredi jusqu'à deux ans et demi de prison ferme contre douze personnes impliqués dans un vaste trafic de faux tableaux. Les prévenus, âgés de 32 à 76 ans, étaient notamment poursuivis pour "imitation de signature ou signe de l'auteur d'une oeuvre artistique pour tromper l'acheteur", "escroquerie en bande organisée" et "faux et usage de faux".

Pascal Robaglia, un galeriste parisien de 55 ans, reconnu comme le cerveau de ce trafic, a été condamné à une peine de 5 ans d'emprisonnement, dont 30 mois avec sursis, et 50.000 euros d'amende. L'artiste de la bande, Guy Ribes, 61 ans, qui réalisait les fausses toiles de maîtres, a été condamné à trois années d'emprisonnement dont deux assorties d'un sursis. Son comparse, Gilles Ribert, 58 ans, qui a notamment contrefait des certificats d'authenticité pour tromper les acheteurs, est condamné à 4 années d'emprisonnement dont 18 mois avec sursis.

Picasso, Chagall, Léger

Le tribunal a également condamné les principales têtes du réseau à verser plus de 900.000 euros aux parties civiles, au titre des dommages et intérêts. Les autres prévenus sont condamnés à des peines allant de 3.000 euros d'amende avec sursis à deux années d'emprisonnement dont 16 mois avec sursis.

Entre 1997 et 2005, la bande aurait écoulé près de 100 toiles contrefaites de Picasso, Chagall ou Fernand Léger en se faisant passer pour des héritiers désargentés auprès de clients fortunés. Une vingtaine de victimes s'étaient portées parties civiles et certaines d'entre elles auraient déboursé jusqu'à 2 millions de francs (300.000 euros) pour acquérir des toiles qu'elles croyaient authentiques.

Un demi-millier de faux

L'existence de ce trafic avait été découverte en novembre 2004, lorsque les enquêteurs avaient été informés de l'existence de contrefaçons produites par un artiste peintre de Saint-Mandé (Val-de-Marne). Interpellé un an plus tard, celui-ci avait reconnu être l'auteur des imitations tout en assurant n'en tirer qu'un modeste pécule : entre 1.200 et 2.000 euros par mois.

Passionné de peinture depuis l'âge de 8 ans, Guy Ribes s'était lancé dès 1975 dans une carrière de faussaire "par jeu et peut-être par orgueil" mais surtout par dépit de voir ses propres oeuvres ignorées. Il aurait réalisé au total près d'un demi-millier de faux, allant de l'abstrait au figuratif, ainsi qu'un certain nombre de signatures contrefaites. A l'issue du verdict, son avocat s'est félicité que le tribunal, en faisant valoir "la grande qualité de ses oeuvres", "reconnaisse (à son client) la qualité d'artiste et ne le limite pas à un simple faussaire".