Prison ferme pour le tireur du Grand Journal

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Prison ferme pour le tireur du Grand Journal
@ CAPTURE D'ECRAN CANAL+
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L'homme qui avait tiré des balles factices sur le plateau de l'émission lors du Festival de Cannes a été condamné.

18 mois ferme pour le tireur illuminé du Grand Journal. L'homme de 43 ans était jugé pour avoir tiré à blanc près du plateau de l'émission de Canal+, diffusé en direct de la Croisette à Cannes, le 17 mai dernier. Le tribunal correctionnel de Grasse est allé au-delà des réquisitions du ministère public qui avait demandé 18 mois d'emprisonnement dont un an ferme. Une peine plutôt sévère, pour cet homme désocialisé, qui, selon la procureure, "s'est servi de la terreur pour faire parler de lui".

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La scène remonte au 17 mai 2013. Michel Denisot était en train d'interviewer Daniel Auteuil et Christoph Waltz, membres du jury, lorsque des coups de feu ont été entendus sur la Croisette. L'émission avait été interrompue peu avant 20h10 et avait pu reprendre une trentaine de minutes plus tard. L'incident n'avait pas fait de blessé, mais avait déclenché une scène de panique sur le plateau du Grand Journal, délocalisé sur la plage du Martinez à Cannes le temps du Festival.

La vidéo du mouvement de foule après les tirs sur le plateau :

Une "personnalité borderline". Dès son arrestation, l'homme vivant dans l'arrière-pays cannois avait été présenté comme un illuminé. "Un mec timbré  avec le chapeau de Robin des bois, un flingue, et une grenade... Bon gros flip", commentait un internaute sur Twitter. Une expertise psychiatrique effectuée pendant sa garde à vue avait d'ailleurs montré que l'homme était "responsable de ses actes", mais qu'il présentait une "personnalité borderline".

"Un acte de terrorisme". Durant le procès, la procureure Gwenaëlle Ledoigt a confirmé le profil de déséquilibré du quadragénaire.  "Nous n'avons pas affaire à un gentil illuminé, il a utilisé la terreur et la violence pour imposer ses idées politiques, ce qui est la définition même d'un acte de terrorisme", a-t-elle déclaré. En outre, "il pensait à son geste depuis plusieurs mois" et l'a minutieusement "préparé", a souligné la procureure avant de conclure : "s'il n'y a pas eu de blessés, c'est seulement une question de chance".

Soucoupe volante, lumière, anges, spectres… Chemise parme, cheveux ras et barbichette, teint bronzé, Stéphane Croce s'est pour sa part défendu en parlant d'un "cri d'alarme, de colère" qui aurait motivé son geste. Sur sa demande, le président du tribunal l'a exceptionnellement autorisé à lire quelques lignes d'un texte de quatre pages préparé en détention provisoire. Comme lors de sa comparution immédiate le 21 mai, Stéphane Croce a indiqué avoir voulu "faire passer un message" à caractère mi-politique, mi-ésotérique, sans cette fois encore réussir à l'éclaircir vraiment.

L'homme, au physique sec, a fustigé pêle-mêle des "politiciens (qui) nous mentent", la "mafia en col blanc", les "manipulations" d'une "oligarchie" mais aussi "de Monsanto, de l'OMS, des ONG...". Il a aussi parlé de "visions" qu'il aurait eues : soucoupe volante, lumière "qui entre en lui", anges, spectres. Des "révélations" qu'il voulait "partager" avec "le public". "Des fois, pour se faire entendre, il faut savoir taper du poing sur la table. Pour avoir le pouvoir, il faut le prendre", a-t-il lancé depuis son box, joignant le geste à la parole de manière théâtrale.