Prison des Baumettes : des améliorations encore "fragiles"

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Prison des Baumettes : des améliorations encore "fragiles"
@ Grégoire Korganow
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DÉTENTION - Le Contrôleur général des prisons estime dans un nouveau rapport que des progrès ont été réalisés dans l'établissement marseillais.

L'INFO. Le Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPL), Jean-Marie Delarue, a constaté de nets progrès sur les conditions matérielles et de fonctionnement du centre pénitentiaire des Baumettes mais les juge encore "fragiles", notamment du fait d'incertitudes budgétaires. Dans un rapport de près de 500 pages publié jeudi, le Contrôleur rend compte de sa première visite, en octobre 2012, ainsi que d'une seconde, en septembre 2013.

EN IMAGES - La prison des Baumettes, ce cauchemar

Une première visite alarmante en 2012. La première visite avait amené le CGLPL à dresser un constat alarmant, évoquant des conditions de détention "inhumaines" et à formuler des recommandations d'urgence pour y remédier. Par la suite, l'Observatoire international des prisons (OIP) avait obtenu que l'Administration pénitentiaire soit condamnée à trois reprises, par la justice administrative, à réaliser des travaux dans l'établissement. Depuis, des travaux ont effectivement été entrepris pour remédier aux carences les plus sérieuses et un nouveau bâtiment a été mis en chantier. Il devrait accueillir environ 400 détenus à partir de 2016 (l'établissement flirte avec les 2.000 au total).

Des progrès... qui restent "fragiles". A l'occasion de sa seconde visite, le Contrôleur a effectué un nouvel état des lieux, près d'un an après son premier passage. "L'analyse conduite par la nouvelle équipe de direction et les mesures prises en conséquence sont de nature à remédier en profondeur et structurellement aux graves dysfonctionnements de l'établissement et aux atteintes aux droits fondamentaux des détenus qui en sont la conséquence", résume le rapport. Pour autant, "si les mesures prises et envisagées sont pertinentes, les conditions de leur mise en œuvre et la pérennité de leurs effets sont, à ce jour, fragiles", ajoute-t-il.

Le Contrôleur a notamment relevé que 199 des 317 cellules du bâtiment A, le principal édifice du centre pénitentiaire, avaient été rénovées, ainsi que ses coursives. Par ailleurs, le colmatage des trous et un passage plus fréquents des équipes dédiées a permis de faire diminuer "remarquablement" la présence de rats et de cafards, qui proliféraient lors de la première visite.

Des travaux toujours menacés par le manque de moyens. De manière générale, les observateurs du CGLPL ont relevé de "profonds changements en matière d'hygiène", symbolisés notamment par la disparition de certaines odeurs et la diminution du volume des détritus au pied des façades. Quant aux violences au sein de l'établissement, le nombre d'incidents est globalement stable mais des mesures ont été prises pour mieux gérer les flux, en particulier pour les promenades. Le Contrôleur salue une "dynamique collective qui ne s'est pas essoufflée", mais prévient que, réalisés dans l'urgence, les travaux de rénovation sont "d'une qualité médiocre ou insuffisante". Il souligne aussi que de fortes incertitudes pèsent sur le financement du complément des travaux.

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