Prison avec sursis contre sept policiers

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Prison avec sursis contre sept policiers
@ MAXPPP
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Ils sont accusés d’avoir inventé de toute pièce un scénario pour justifier une course-poursuite.

Trois à six mois de prison avec sursis. C’est la peine demandée par le parquet à l'encontre de sept policiers de Seine-Saint-Denis poursuivis pour "dénonciation calomnieuse", "faux en écriture publique" et "violences volontaires". Ils sont accusés d'avoir inventé de toutes pièces un scénario afin de justifier une course-poursuite avec un automobiliste au cours de laquelle l'un d'eux avait été blessé.

Le procureur a par ailleurs demandé, pour cinq d’entre eux, l'inscription de la condamnation au B2 du casier judiciaire, ce qui entraîne de fait l'interdiction de travailler dans la police. Dans un réquisitoire virulent, le procureur est allé jusqu'à placer dans la même phrase "police française" et "gestapo", provoquant des huées dans la salle d’audience.

Jugement le 10 décembre

A la barre, les policiers se sont renvoyé la balle. Seuls trois d’entre eux ont reconnu avoir menti et affirmé qu'ils s'étaient concertés pour établir un faux procès-verbal. Le jugement du tribunal sera rendu le 10 décembre.

Les faits remontent à la soirée du 9 septembre. Les autorités annoncent qu'un gardien de la paix a été blessé à Aulnay-sous-Bois, renversé par un automobiliste qui voulait échapper à un contrôle de police. Une énième agression contre un fonctionnaire de police. Le symbole des conditions de travail des forces de l'ordre en banlieue. Le policier, touché aux jambes et aux bras, est hospitalisé et se voit prescrire une incapacité totale de travail (ITT) de sept jours. L'automobiliste, coupable idéal sous l'emprise de la drogue, est mis sous les verrous.

Le scénario mis à mal

Mais rapidement, les premiers doutes apparaissent. Les versions des sept policiers ne s'accordent pas ; leur hiérarchie devient franchement sceptique. Cette dernière décide alors de saisir le parquet de Bobigny qui confie une enquête à l'IGS, la "police des polices", établissant que l'automobiliste a bien refusé d'obtempérer, puis été pris en chasse par trois voitures de police.

La suite du scénario - l'automobiliste percutant le gardien de la paix - est mis à mal lors des interrogatoires des policiers. En réalité, le policier blessé a été percuté par la deuxième voiture de la patrouille, alors qu'il courait derrière Hocine, le malfaiteur présumé.