Primaire : un déni de la violence

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Primaire : un déni de la violence
La médiatrice propose notament de former les enseignants à la gestion de conflit.@ MAXPPP
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La médiatrice a remis son rapport et préconise de former les enseignants à la gestion du conflit.

La médiatrice de l'Education nationale et de l'Enseignement supérieur, Monique Sassier, a remis lundi son rapport. Elle s'intéresse notamment aux problèmes d'indiscipline et de violence à l'école primaire. Des problèmes qui sont souvent dans le déni, selon elle.

Sur les 8.000 lettres qu'elle reçoit chaque année, ces problématiques sont les plus délicates car y est question d'ego et d'autorité. Les exemples décrits dans le rapport peuvent paraître simple d'un point de vue "technique" mais ils ne sont pas si simples à régler humainement. Il peut ainsi s'agir d'une console confisquée et de parents qui se plaignent, ou d'un élève de CE1 exclu de sa classe pour avoir frappé un instituteur et ne pas avoir voulu s'excuser en public.

"La frontière est friable entre le petit élève de 6e et le grand élève de CM2. On dit 'ce n'est pas forcément grave, on dit c'est comme ça l'enfant', et non ce n'est pas ce que nous recevons comme lettre", explique la médiatrice Monique Sassier, au micro d'Europe 1.

"Des signes d'alerte qui ne sont pas vus"

La médiatrice pointe des lettres avec des "signes d'alerte qui ne sont pas vus", comme parfois "des enfants qui ne mangent plus". "Notre souhait n'est pas de les traiter intégralement, nous n'en avons ni les moyens, ni les capacités mais de dire 'nous alertons' et ne pas rester dans ce silence".

Monique Sassier propose notamment de former les enseignants à la gestion de conflit, de ne pas imposer de sanction grave sans avoir essayé en amont le tutorat, et surtout, de ne pas avoir l'air de sortir le règlement de son tiroir lorsqu'il y un problème. Ce règlement doit être connu et validé en début d'année par les élèves, préconise-t-elle. Elle met en avant un exemple de règlement conçu par les élèves de CM2 pour l'année suivante.

Expliquer les sanctions aux parents

En dehors de l'école primaire stricto-sensu, la médiatrice préconise notamment d'expliquer davantage les sanctions aux parents qui sont le plus souvent à l'origine des plaintes. Elle estime également que les professeurs débutants ne devraient pas se retrouver dans des classes difficiles et, enfin, estime que la nouvelle formation des enseignants, la "masterisation", a créé des "incertitudes".