Précarité : les jeunes en première ligne

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Précarité : les jeunes en première ligne
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Un rapport du Secours Catholique s'alarme du risque très élevé de pauvreté chez les 18/25 ans.

"Une génération précaire". Le Secours Catholique publie mardi son rapport annuel sur la pauvreté en France. Et son constat est alarmant : la situation des personnes en difficulté continue de se dégrader et les plus touchés sont les jeunes. Les 18-25 ans sont confrontés à un risque de pauvreté plus élevé que leurs aînés.

La précarité, un cercle vicieux familial

Le président du Secours Catholique, François Soulage, dénonce d'ailleurs un cercle vicieux dans lequel sont enfermés de nombreux jeunes. Selon lui, "les jeunes en difficulté viennent fortement de familles en difficulté". Or, un jeune en difficulté ne peut pas prendre son indépendance, et reste donc dans sa famille.

Une prise en charge qui devient un poids supplémentaire au sein de ces foyers modestes puisqu'ils ne perçoivent plus d'allocations familiales pour ces jeunes. "La pauvreté des jeunes est aussi celle de leur famille", analyse François Soulage.

"J’ai d’abord voulu travaillé pour pouvoir obtenir de l’argent"

Amélie, 23 ans, est l'une des tristes icônes de cette jeunesse précaire. Après avoir quitté le collège en quatrième, elle a rompu les liens avec sa famille. Elle vit aujourd'hui avec son fils Arthur dans un centre d’hébergement pour mère célibataire du Secours catholique, après avoir enchainé les séjours chez des amis ou dans des hôtels.

Aujourd'hui sans emploi, Amélie n'a pourtant pas chômé. "J’ai travaillé dans la restauration, c’est un métier assez compliqué", témoigne-t-elle, avant de raconter la succession de stages et de bilans de compétence pour retrouver un travail. "Je suis restée deux ans puis j’ai dû arrêter pour des problèmes de santé", explique-t-elle, avant de revenir sur son parcours : "ça ne s’est pas bien passé parce que je n’ai pas pris le temps. J’ai d’abord voulu travaillé pour pouvoir obtenir de l’argent".

Plus diplômés mais plus précaires

Le rapport du Secours Catholique pointe également un paradoxe : les jeunes sont plus diplômés que les précédentes générations mais sont pourtant plus précaires. Selon les chiffres de l'Insee, cités par l'association, "le taux de pauvreté des jeunes de 18 à 24 ans est de 22,5 %", alors que celui de la population globale atteint 13,5 %.

Cette précarité touche aussi bien le logement ou l'emploi - qui les empêche d'avoir un revenu stable. Si les 18-25 ans sont moins endettés que leurs aînés, ils ont plus de mal à boucler leurs fins de mois et plus de 25% d'entre eux connaissent des découverts bancaires.

Maintenir les allocations plus longtemps

Pour enrayer cette spirale, le Secours Catholique propose de maintenir les allocations familiales "jusqu'aux 20 ans du dernier enfant rattaché au foyer". L'association suggère également de créer "une allocation de soutien à l’autonomie des jeunes" et d'étendre le RSA activité "à tous les jeunes en situation de travail dès 18 ans".

Seule note positive, la situation des jeunes s'améliore à partir de 25 ans. "Sans doute est-ce dû au fait que, passés 25 ans, ces jeunes peuvent être en couple et donc disposer à deux de ressources plus importantes que lorsqu’ils vivent seuls", analyse François Soulage.