Pourquoi MAM ne veut plus de miradors

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Pourquoi MAM ne veut plus de miradors
@ MAXPPP
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La ministre de la Justice a annoncé leur suppression, déclenchant l’ire des syndicats.

S’agit-il d’une question de sécurité ou de budget ? Les miradors de certaines prisons vont être fermés, car jugés inefficaces en termes de protection. Les fermetures concernent une trentaine de miradors sur l'ensemble des établissements pénitentiaires, pour lesquels "on s'est rendu compte qu'ils n'étaient plus des systèmes de surveillance adaptés", a précisé Guillaume Didier, porte-parole du ministère de la Justice.

Le mirador, pilier de la prison

Parmi les établissements concernés figurent d'anciennes prisons implantées dans les centres villes, où les nouvelles technologies, telles que la vidéo-surveillance, constituent des moyens "plus efficaces et plus sécurisants pour les personnels", a-t-il ajouté. Un argument que rejette le syndicat FO pénitentiaire qui a mal accueillie la nouvelle.

"Une caméra ne remplacera jamais un homme ou une femme ", déclare Christophe Marques, secrétaire général de FO-Pénitentiaire, à Europe1.fr. "Les miradors sont essentiels dans la surveillance de certaines prisons. Ils évitent non seulement les évasions, mais aussi les intrusions", souligne-t-il, admettant que certains établissements, où le niveau de risque est moindre, peuvent s’en passer. Il demande donc à ce que ces suppressions soient réfléchies au cas par cas.

Quatre miradors préconisés

Après la tentative d’évasion ratée à la prison de Fresnes en 2001 - tentative commise par Cyril Khider pour faire évader son frère Christophe par hélicoptère - un groupe de travail, conduit par Jean-Marc Chauvet, avait réfléchi aux conditions de sécurité dans les prisons françaises.

Le rapport remis à l’époque à Marylise Lebranchu, préconisait la présence de quatre miradors dans les maisons centrales et les maisons d’arrêt à vocation régionale. Mais avec des évasions de plus en plus spectaculaires - on se souvient celle d’Antonio Ferrara en 2003 - et l’utilisation de moyens de plus en plus lourds - hélicoptères, bazooka - le groupe de travail avait estimé qu’un renforcement du dispositif de sécurité par des filets ou encore des radars permettant la détection de tout appareil en approche était nécessaire.

Mais pour Christophe Marques, cette annonce a été faite dans la précipitation. "Les structures, en cours de construction, ne sont pas adaptées à ces nouvelles mesures", souligne le syndicaliste. "Une prison est en cours de construction à Réau, en Seine-et-Marne, et des miradors sont d'ailleurs prévus", observe-t-il.

Pas d’embauches mais un reclassement

Pour le syndicat FO-pénitentiaire, cette mesure annoncée mercredi n’est en fait qu’un "moyen de renforcer les effectifs de surveillants sans avoir à embaucher". La surveillance d'un mirador pouvant nécessiter sept gardiens, la fermeture d'une trentaine d'entre eux va donc permettre de réaffecter l'an prochain environ 200 personnes à la "surveillance en détention".

Le ministère de la Justice poursuit par ailleurs son programme de construction et de rénovation des prisons. Au 1er septembre, selon des chiffres officiels, le parc pénitentiaire comptait 56.428 places "opérationnelles", pour 60.789 personnes incarcérées. En 2012, selon la Chancellerie, il y aura 63.000 places de détention.