Pourquoi la manif pro-palestinienne de mercredi est autorisée ?

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Pourquoi la manif pro-palestinienne de mercredi est autorisée ?
@ REUTERS/Carlos Garcia Rawlin
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PARCE QUE - Un nouveau rassemblement pro-palestinien se tient mercredi à Paris. Les organisateurs ont su rassurer les autorités.

Pour eux, ce sera oui. La préfecture de police de Paris a autorisé les organisateurs d'une manifestation pro-palestinienne à se rassembler mercredi. Une décision qui intervient alors que le rassemblement de samedi à Barbès avait été annulé. Dialogue avec les autorités, parcours spécifique, organisateurs  coopérants… Europe 1 vous explique pourquoi la manifestation de mercredi a été autorisée.

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Parce qu'ils ont "dialogué". C'est ainsi que la préfecture de police de Paris a justifié lundi l'autorisation dans la capitale d'une manifestation de soutien aux Palestiniens de Gaza. Taoufiq Tahani, le président de l'association France Palestine Solidarité, confirme que les organisateurs se sont montrés particulièrement coopératifs avec les autorités pour permettre la tenue du rassemblement. "Nous avons discuté ensemble pour assurer ce droit de manifester, mais également pour que tout se passe dans le calme et qu'il n'y ait pas de débordements", a-t-il poursuivi.

Parce qu'ils sont "responsables". Le profil des organisateurs du rassemblement de mercredi a également joué en leur faveur. Ce rassemblement, organisé par le Collectif national pour une paix juste et durable entre Israéliens et Palestiniens, rassemble des partis politiques de gauche, des syndicats et des associations, parmi lesquels le Parti communiste (PCF), le Nouveau parti anticapitaliste (NPA), Europe Ecologie-Les Verts (EELV), la Ligue des droits de l'homme (LDH), le Mouvement contre le racisme et pour l'amitié entre les peuples (Mrap), Solidaires, l'Union nationale des étudiants de France (Unef) et de nombreuses organisations pro-palestiniennes.

Manifestation Barbès Gaza Palestine Israël

© Reuters

La préfecture de police n'hésite d'ailleurs pas à opposer ces organisateurs "responsables" à ceux de la manifestation de Barbès, qui a dégénéré en affrontements avec les forces de l'ordre. Cette manifestation n'a pas été interdite car "elle est organisée par des forces qui la semaine dernière ont organisé une manifestation qui s'est bien passée", a abondé le ministre de l'Intérieur. Ses organisateurs "sont responsables et veulent une manifestation pacifique", a ajouté Bernard Cazeneuve.

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Parce qu'ils acceptent de changer le parcours. Pour sa part, Manuel Valls a mis en avant la souplesse des organisateurs concernant le parcours de la mobilisation. Le parcours a été "discuté et des gages de sécurité ont été donnés par les organisateurs de cette manifestation, plus responsables cette fois-ci", a expliqué le Premier ministre. Avec la préfecture de police, ils se sont mis d'accord sur un trajet qui "permet aux forces de l'ordre de faire leur travail", a précisé le ministre de l'Intérieur.

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Les autorités souhaitent ainsi éviter que les rassemblements se déroulent à proximité de lieux sensibles, comme les synagogues, où s'étaient rendus des manifestants à la fin d'un rassemblement dans le quartier de la Bastille, le 13 juillet dernier. Mercredi, le rassemblement se déroulera loin de tout lieu sensible. Il partira à 18h30 de la place Denfert-Rochereau pour se terminer aux Invalides. Un parcours qui emprunte de larges artères et qui se termine sur une esplanade, facile à sécuriser pour les forces de l'ordre. C'est d'ailleurs le parcours généralement emprunté par les manifestants de la Manif pour tous.

Manifestation pro palestinienne Paris 930620

© REUTERS/Philippe Wojazer

Parce qu'ils renforcent la sécurité. En cas de débordement, les organisateurs et les forces de l'ordre ont prévu un dispositif de sécurité renforcé. Outre la police, en tenue et en civil, la manifestation sera encadrée par des éléments des services d'ordre de quatre organisations participantes: la CGT, le NPA, le Parti de gauche et le Parti communiste français.

"Aujourd'hui beaucoup d'organisations font un effort particulier, pour encadrer cette manifestation. Deuxièmement, les pouvoirs publics, de façon un peu exceptionnelle, mettent en œuvre des moyens tout à fait considérables pour éviter des dérapages. Il y a un effort particulier à un moment particulier", a résumé Jean-Marie Le Guen, le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, interrogé sur Europe 1 mercredi matin.

Parce que manifester est un droit. Le ministre de l'Intérieur a également précisé mercredi que "la liberté de manifester est la règle, l'interdiction de manifester doit être l'exception".