Pour défendre leur maternité, les sages-femmes se mettent nues

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Pour défendre leur maternité, les sages-femmes se mettent nues
Des sages-femmes de la maternité des Lilas n'ont pas hésité à se dénuder pour protester contre la "fermeture" de ce lieu emblématique de la défense du droit des femmes.@ Capture d'écran DailyMotion
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Elles se sont dénudées sur un calendrier pour défendre la maternité des Lilas, en  Seine-Saint-Denis.

Sur le calendrier, elles posent en petite tenue dans les salles de travail : des sages-femmes de la maternité des Lilas n'ont pas hésité à se dénuder pour protester contre la "fermeture" de ce lieu emblématique de la défense du droit des femmes. "La maternité des Lilas est à nu, en difficulté, alors voilà on se met nous aussi à nu", plaisante Marie Lormier, sage-femme depuis deux ans et demi dans cet établissement de Seine-Saint-Denis qui accueille 1.650 naissances et pratique 1.200 interruptions volontaires de grossesse par an. "On s'est dit : 'faire un calendrier, c'est plutôt rigolo'. On s'est retrouvées à une sortie de garde à onze sages-femmes et on l'a fait", raconte-t-elle. Ce calendrier sera vendu dès ce weekend pour 15 euros afin de "défendre notre cause et attirer les regards sur nous", explique Karima Ben Akli, gynécologue-obstétricienne, seul médecin à avoir tombé la blouse.



Des sages femmes posent nues dans un calendrierpar lefigaro

Sur la photo, la gynécologue cache sa silhouette élégante derrière un appareil d'échographie, dont elle tient la sonde en l'air. Sur une autre, les sages-femmes font leur réunion de service autour d'une table, cachant leur poitrine derrière un registre de naissances ou un électrocardiogramme. Les clichés ont été pris par un photographe amateur, le kiné de la maternité, et se veulent "pudiques", "humoristiques" plus qu'érotiques, insiste le médecin. "Il faut qu'on montre nos nibards pour que les médias accourent", ironise d'ailleurs une employée de la maternité alors que les journalistes défilent dans la petite maternité coincée entre deux immeubles d'une rue étroite.

Marie Lormier précise d'emblée qu'elle n'adhère "pas forcément" au mode de revendication des Femen, un groupe féministe connu pour les actions seins nus de ses militantes. La jeune sage-femme a refusé qu'on voie son visage, et elle pose donc de dos, fesses nues derrière un tablier bleu pâle, tout en installant une perfusion à une parturiente, incarnée par l'une de ses collègues qui réprime un fou rire. Pilule, avortement, combat pour l'accouchement sans douleur et pour la liberté de choisir comment mettre son enfant au monde : la maternité des Lilas, qui doit fêter ses cinquante ans en 2014, est un lieu emblématique de la lutte pour le droit des femmes.