PORTRAIT - Un "poète-escaladeur" à l'action

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PORTRAIT - Un "poète-escaladeur" à l'action
Hervé Couasnon, surnommé le "poète-escaladeur", est un habitué des coups d'éclat.@ MAXPPP
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 Hervé Couasnon, qui s'est introduit dans une centrale nucléaire, aime les coups d'éclat.

Une nouvelle fois, Hervé Couasnon a réussi à faire parler de lui. Ce "poète-escaladeur" de Périgueux s'est introduit mercredi dans la centrale nucléaire de Civeaux, dans la Vienne, quelques heures après le survol d'une autre centrale par un militant de Greenpeace. Chauffeur de bus âgé de 53 ans, Hervé Couasnon a exercé plusieurs métiers, mais son activité favorite reste probablement la préparation de ses nombreux coups médiatiques.

L'un des plus mémorables date de 2002, quand il avait réussi à s'infiltrer dans l'hémicycle de l'Assemblée nationale pour remettre une coupe à Jean-Pierre Raffarin, alors Premier ministre. Cette action lui vaudra quatre heures de garde à vue, mais aucune plainte, rappelle Sud Ouest. Le 1er avril 2011, il annonce sa candidature à l'élection présidentielle, puis abandonne en février. Dans son programme, il prône, entre autres, la sortie du nucléaire.

Des démêlés avec la justice

Le trublion a commencé sa "carrière" en escaladant des bâtiments officiels, des ambassades au Palais des festivals de Cannes, pour lancer au vent ses poèmes, imprimés sur des cartes postales, rappelle Libération. Hervé Couasnon se fait aussi entartreur à l'occasion, notamment sur Alain Juppé. Il a également tenté d'aller jouer les toréadors pendant le défilé du 14 juillet, sur les Champs-Elysées. Sans succès : repéré à cause de son costume, il passe finalement la journée au commissariat.

Ses coups d'éclat lui ont tout de même valu quelques démêlés avec la justice, comme en juin 2010, quand il s'introduit dans la mairie de Bordeaux et se cache dans le bureau d'un adjoint, réclamant la démission du pape. Poursuivi pour violation de domicile, il est finalement relaxé.

Des motivations peu cohérentes

Les motivations d'Hervé Couasnon restent difficiles à identifier. En 1990, il menace de faire sauter l'aéroport de Châteauroux avec une valise soi-disant pleine d'explosifs, mais en réalité vide. Son explication : "C'était un contexte particulier, l'Irak avait envahi le Koweït. Je voulais faire libérer les otages".

L'année précédente, c'est la prison de Nice qu'il avait escaladée, alors que Danièle Gilbert, l'animatrice de télévision, était incarcérée pour quelques jours dans une affaire d'escroquerie. Pendant le procès Papon, il grimpe en haut du palais de justice de Bordeaux mais personne ne le remarque. Il décide alors de s'enfermer dans le bureau du procureur pour protester contre un procès tenu cinquante ans après les faits.

Difficile de trouver une cohérence dans ces actions hétéroclites, qui ont en tout cas toutes un point commun : apporter à leur auteur la notoriété qu'il semble recherche à tout prix.