Portable d'urgence: "ça m'a peut-être sauvé la vie"

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Portable d'urgence: "ça m'a peut-être sauvé la vie"
Isabelle explique à Europe que son téléphone d'urgence lui a "peut-être sauvé la vie".@ Maxppp
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TEMOIGNAGE E1 - Une femme victime de violences croit en ce dispositif qui sera généralisé en 2013.

Ces téléphones sont déjà utilisés dans le Bas-Rhin, en Seine-Saint-Denis et, depuis tout récemment, à Paris. La ministre du Droit des femmes, Najat Vallaud-Belkacem, a annoncé jeudi la généralisation à tout le territoire des téléphones portables d’urgence pour les femmes victimes de violences.

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"Ça m’a peut-être sauvé la vie"

>> A Strasbourg, Europe 1 a rencontré Isabelle, mère de trois enfants. Après 7 ans de vie en couple, elle a subi des violences conjugales et s’est vu remettre l’un de ces téléphones d’urgence.

"J’ai été amenée à m’en servir dès le dimanche suivant", raconte-t-elle au micro d’Europe 1. "Mon ex-compagnon est revenu frapper à ma porte, j’ai saisi mon téléphone d’urgence, que j’ai actionné, et j’ai pris la fuite par l’arrière", se souvient cette mère de famille, qui s’est alors réfugiée dans le jardin.

L’écoute renforcée pour les femmes

"Pendant tout ce temps, j’étais en relation avec Mondial Assistance, qui se charge de prévenir la police", explique-t-elle, insistant : "ça m’a peut-être sauvé la vie". "Je me sentais toujours en danger, mais à partir de là je me suis quand même sentie reconnue en tant que femme victime de violences", confie Isabelle.

Elle réclame toutefois en plus un vrai travail en amont. "Il faut quand même essayer d’entendre les problèmes dès le départ", recommande-t-elle, insistant sur le fait qu’elle n’a "pas été écoutée vraiment au départ". "J’ai eu ce téléphone parce que je me suis beaucoup manifestée, parce que j’ai frappé à beaucoup de portes".

La généralisation des téléphones d’urgence doit être adoptée lors du comité interministériel sur l’égalité hommes-femmes prévu vendredi. Le gouvernement envisage également de renforcer l’écoute et l’accompagnement des femmes victimes de violences et de réactiver une ordonnance de protection datant de 2010, qui permet aux femmes d’être protégées "même quand elles ne déposent pas plainte".