Police municipale : le compte n'y est pas

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Police municipale : le compte n'y est pas
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Le ministre Claude Guéant a promis des gilets pare-balles pour certains policiers municipaux.

Claude Guéant a assisté jeudi à Nice aux premières rencontres de la police municipale. Le ministre de l'Intérieur s'y est engagé à subventionner l'achat de gilets pare-balles pour les policiers municipaux armés, mais a laissé sur sa faim la troisième force de sécurité publique du pays en mal de reconnaissance.

"On aurait pu aller plus loin"

Le ministre était surtout attendu sur la question de l’armement des policiers municipaux. Mais les principales doléances des syndicats - la généralisation des gilets pare-balles ou encore un traitement salarial équivalent à celui des forces de l'ordre nationales - ont été abordées avec prudence par le ministre. "On aurait pu aller plus loin et on va rester malheureusement sur une logique de mécontentement", a réagi Frédéric Foncel, président du Syndicat national des policiers municipaux (SNPM, affilié à la CFTC), en phase avec nombre de confrères affichant grise mine en sortant de la salle.

3.500 communes sont dotés de forces de polices municipales de tailles très diverses (en moyenne 11 agents). La moitié disposent de gilets pare-balles et 40% sont armées. Au niveau national, les policiers municipaux, pourtant exposés aux mêmes risques que les gendarmes et gardiens de la paix, souffrent d’un manque de reconnaissance. Or, avec trois morts au cours des dernières années dont une femme de 26 ans, Aurélie Fouquet, morte le 20 mai 2010 à Villiers-sur-Marne, ils sont nombreux à demander à être armés.

Une subvention pour l'achat de gilets pare-balles

Dans son discours très attendu, Claude Guéant s'est donc engagé à subventionner à hauteur de 50% l'achat de gilets pare-balles, sans toutefois préconiser de les rendre obligatoires. Une enveloppe de 2 millions d'euros a déjà été prévue, signe de "reconnaissance des risques" encourus par la profession, a-t-il dit.

L'Etat entend en outre "renforcer la coopération entre les forces opérationnelles de l'Etat (police et gendarmerie) et les polices municipales", en signant de nouvelles conventions. Elles seront l'occasion de parler de l'armement des policiers municipaux, un sujet sur lequel les maires sont très partagés, et qui a suscité une grande prudence du ministre de l'Intérieur. Les conventions à venir pourraient toutefois inclure "la mise à disposition des polices municipales de moyens radios leur permettant une liaison en temps réel avec la police nationale".

Négociations sur la "prime de police"

Côté social, le ministre va relancer une commission qui parlera aussi d'armement, de statut et de retraites. Il a noté que des négociations porteront notamment sur la "prime de police" qui représente jusqu'à 20% du montant du salaire, mais dont l'octroi continuera à dépendre du bon vouloir des communes, au grand dam des policiers municipaux.

"Un moyen de défense" à Nice

Parmi les villes dont la police est armée, Nice. Depuis une cinquantaine d’années, soit depuis sa création, la police municipale est munie de différents types d’armes. Des "moyens de défense" dont les agents disent ne pas pouvoir se passer. "On ne peut pas concevoir une police qui n’est pas armée. La violence envers les policiers est de plus en plus fréquente, et l’armement est un moyen de défense. Les policiers municipaux ont le droit de pouvoir se défendre", estime Cynthia Foucault, policière depuis neuf ans et déléguée Force ouvrière.

Dans la préfecture des Alpes maritimes, les agents municipaux bénéficient de bâtons, de pistolets, de lanceurs de balles de défense, mais aussi de tasers. Ces derniers n’ont jamais été utilisés à Nice. "Cela nous permet d’éviter de tuer quelqu'un (...) C’est un instrument qui dissuade".