Police-gendarmerie, le "big bang"

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Police-gendarmerie, le "big bang"
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CARTE - Manuel Valls a détaillé le redéploiement des moyens. Quelles villes sont concernées ?

L'info. Le ministre de l'Intérieur, Manuel Valls, a dévoilé mardi aux syndicats policiers les détails d'un nouveau redéploiement entre la police et la gendarmerie. Le projet concerne une quarantaine de communes et devrait se traduire par des fermetures de commissariats et de brigades de gendarmerie. Les syndicats s'étonnent de certains choix et regrettent l'absence de concertation.

Le projet. Ce redéploiement se traduirait par un transfert de circonscriptions de police en zone gendarmerie et inversement. Au total, 237.000 habitants sont concernés par ce mouvement qui devrait permettre de dégager des effectifs pour les Zones de sécurité prioritaires (ZSP), plus ciblées et qui se veulent la vitrine de la politique de Manuel Valls, précise Le Monde.

Dans le premier cas de figure, huit circonscriptions de police couvrant 19 communes passeraient en zone gendarmerie provoquant la fermeture de commissariats. Les circonscriptions de Guebwiller dans le Haut-Rhin, Dinan dans les Côtes d'Armor, Castelnaudary dans l'Aude, Thouars dans les Deux-Sèvres, Romorantin dans le Loir-et-Cher, Persan-Beaumont dans le Val-d'Oise ou encore Saint-Gaudens en Haute-Garonne sont notamment concernées.

A l'inverse, neuf brigades de gendarmerie couvrant 17 communes passeraient en zone police, provoquant des fermetures de gendarmeries locales. Les villes de Plérin dans les Côtes d'Armor, Vineuil
dans le Loir-et-Cher, Cesson-Sévigné en Ille-et-Vilaine, Champigneulles en Meurthe-et-Moselle et plusieurs localités dépendant de Cergy et Gonesse dans le Val-d'Oise sont concernées.

Les syndicats mécontents. Alliance, le second syndicat de gardiens de la paix, a dénoncé dans un communiqué "l’absence totale de concertation nationale sur ce sujet sensible qui touche à la vie familiale et
professionnelle de centaines de policiers". Pour Synergie, deuxième syndicat chez les officiers, cette réforme est un "pis aller pour éviter d'aborder les questions de fond" telle la "fusion" police-gendarmerie qu'il appelle de ses voeux.

Le Snop-SCSI, son concurrent majoritaire, a pour sa part dénoncé des "choix techniques surprenants". "Comment expliquer par exemple,  que la circonscription de Police de Persan-Beaumont, couvrant une population de plus de 35.000 habitants, bien au-déeà du seuil de 20.000 habitants fixé règlementairement (...) soit  concernée", s'interroge le syndicat. "A contrario, la circonscription de police d’Ussel (en Corrèze, ndlr), 11.316 habitants, avec un taux de criminalité de 29 pour mille ne figure pas dans la liste", poursuit le Snop-SCSI.

Une concertation prévue. Une concertation devrait être lancée jusqu'à la mi-mars avec les syndicats et les maires concernés. "Mais une concertation, ça doit se faire avant", rétorque Jean-Marc Bailleul, secrétaire général du SCSI.