Plus de Français que d'Allemands en 2055

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Plus de Français que d'Allemands en 2055
Dopée par sa forte fécondité, la population française pourrait dépasser celle de l'Allemagne.@ MAXPPP
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Dopée par sa forte fécondité, la population française pourrait dépasser celle de l'Allemagne.

Les Français champions de la fécondité. Selon une étude de l'Institut national des études démographiques (Ined) publiée jeudi, la population française a augmenté de 5,3% en 2010. La  population allemande a, elle, diminué de 0,6%, rappelle Gilles Pison, auteur de cette étude consacrée au "chassé-croisé démographique" entre la France et son voisin d'outre-Rhin.

En Allemagne les décès dépassent les naissances

"Sans l'immigration, la populationallemande aurait diminué de 2,2% car les décès dépassent largement les naissances" alors qu'en France, "c'est l'inverse, les naissances dépassent les décès (802.000 contre 540.000 en 2010)", poursuit le démographe. En 2010, plus de 800.000 naissances ont été enregistrées contre 540.000 décès.

Résultat, "les projections moyennes des Nations unies annoncent que la population de la France pourrait rattraper celle de l'Allemagne en 2055", retenant comme hypothèse que "la fécondité continue de remonter en Allemagne et en France, y atteignant respectivement 1,92 et 2,06 enfants cette année-là".

En outre, "la durée de vie continuerait de s'allonger de part et d'autre du Rhin, avec une espérance de vie atteignant 85,5 ans et 86,5 ans en 2055", détaille le démographe. "L'immigration étant supposée se poursuivre également dans les deux pays", ajoute encore Gilles Pison. La population française pourrait être alors de 72 millions et celle de l'Allemagne de 71 millions.

Une conséquence du baby-boom

L'Allemagne a pourtant été longtemps plus dynamique que sa voisine, marquée par une limitation des naissances plus précoce, dès le milieu du XVIIIème siècle, explique Gilles Pison.

Mais après 1945, "le baby-boom change brusquement la donne. La population française se remet à augmenter, à un rythme annuel proche de 1% au cours des années 1950 et 1960, contre 0,7% en Allemagne", où le baby-boom est "plus tardif" et plus court.

En 1964, la fécondité atteint 2,9 enfants par femme en France, 2,5 en Allemagne. Au début des années 70, la fécondité n'est plus que deux enfants par femme dans les deux pays, diminuant encore jusqu'à 1,3 en 1990 en Allemagne et 1,7 en France.

Mais si le chiffre est remonté ensuite dans l'Hexagone (2 enfants par femme aujourd'hui), il est resté à 1,4 en Allemagne. "Depuis 1945, les Françaises ont un demi-enfant de plus que les Allemandes", résume le démographe. L'Allemagne a quand même vu sa populationaugmenter de nouveau en 2011, plus 50.000 personnes, pour la première fois depuis 2002

"La politique familiale de la France"

Pour expliquer ces différences, Gilles Pison cite d'abord "la politique  familiale de la France" : "ancienne et d'une grande constance, elle a toujours fait l'objet d'un consensus politique" tandis qu'en Allemagne, "le souvenir de la période nataliste nazie a longtemps empêché le développement d'une politique semblable".

Aujourd'hui, "si les Allemands dépensent autant que les Français pour financer la politique familiale", "l'offre de garde d'enfants en bas âge est moins abondante".  De plus, en Allemagne, "la conviction (est) largement partagée qu'une bonne mère doit s'occuper elle-même de son bébé et ne pas partir travailler en le laissant à la crèche dans la journée".