Plus d'enfants dans les crèches

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Plus d'enfants dans les crèches
@ MAX PPP
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Le gouvernement a adopté un décret qui permet les inscriptions en surnombre dans les établissements.

Plus d'enfants peuvent être inscrits dans les crèches. C'est ainsi qu'en a décidé le gouvernement malgré l'opposition de professionnels de la petite enfance. Il a adopté un décret qui assouplit les règles d'accueil dans les crèches.

+20% d'enfants

"Des enfants peuvent être accueillis en surnombre certains jours de la semaine", précise le texte. Le décret autorise ainsi une capacité d'accueil excédentaire de 20% pour les grandes structures, qui comprennent plus de 40 places. Le surnombre est limité à 15% pour les crèches de plus de 20 places et à 10% pour les établissements plus petits. Il instaure aussi les "jardins d'éveil", qui accueille des enfants de 2 à 3 ans, testés depuis l'automne à titre expérimental. Toutefois le ministère a précisé qu'une circulaire conservait ce côté expérimental.

Un bon point pour les personnels moins qualifié. Le texte augmente leur proportion au sein des crèches en baissant le taux d'encadrement par des puéricultrices, éducateurs jeunes enfants, infirmiers ou encore psychomotriciens diplômés d'Etat : il passe de 50% à 40%. Le gouvernement souhaite pouvoir recruter davantage de titulaires de CAP et de BEP Petite enfance ayant trois ans d'expérience.

Optimiser 100% des places disponibles

Pour Nadine Morano, la secrétaire d'Etat chargée de la Famille, ce décret doit permettre de répondre à la pénurie de places et de personnels qualifiés. Elle a expliqué que le taux d'occupation des crèches étant de 67% en moyenne, car certains jours des enfants ne viennent pas. Elle souhaite ainsi "optimiser à 100% les places disponibles".

Un "mépris" du personnel

Avec ce texte, le gouvernement a tenté de répondre aux demandes des parents. Ce qui est loin de satisfaire les personnels des crèches. Corinne Chaillan, présidente de la fédération nationale des éducateurs de jeunes enfants et membre du collectif "Pas de bébés à la consigne", estime que le texte traduit "un mépris à l'égard de notre mouvement qui demandait une véritable concertation". Ce dernier, fer de lance de la contestation, regroupe une cinquantaine de syndicats et d'associations et a déjà organisé quatre journées de grèves dénonçant "une dégradation de la qualité d'accueil du jeune enfant".

"Le décret aggrave même les choses par rapport à ce que l'on attendait, avec la pérennisation des jardins d'éveil", a estimé Christophe Harnois (Unsa), éducateur de jeunes enfants, membre du collectif. "Sans aucun bilan sérieux sur l'expérimentation des jardins d'éveil on pérennise la structure, c'est accablant!", dénonce-t-il.

La mobilisation se poursuit

Le collectif compte interpeller les élus locaux pour leur demander de ne pas appliquer le décret, a expliqué Pierre Suesser, président du syndicat des médecins de services de protection maternelle et infantile (PMI). Il demande "l'ouverture de négociations, la remise à plat de toute la politique d'accueil, un plan d'urgence avec 10.000 places créées par an contre 3.000 prévues par ce gouvernement qui organise la pénurie, puis ensuite la déqualification".

Environ 240.000 enfants de moins de trois ans sont accueillis en crèche, soit 10% de cette tranche d'âge. Un chiffre qui est donc loin de répondre aux besoins des parents.