PIP : une patiente attaque son médecin

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PIP : une patiente attaque son médecin
Une patiente marseillaise a décidé d’intenter une action en justice contre son chirurgien.@ MAX PPP
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Elle lui reproche d’avoir exigé la signature d’une décharge en échange du retrait des prothèses.

Les prothèses PIP refont parler d’elles. Une patiente marseillaise a décidé d’intenter une action en justice contre son chirurgien. Elle reproche à celui-ci d’avoir exigé, avant de l’opérer, qu’elle signe une décharge le dédouanant de toute responsabilité.

Il y a quinze jours, Nadia se présente à l’hôpital de la Conception à Marseille pour se faire retirer ses prothèses PIP. L’opération est urgente car le gel de silicone est en train de se répandre dans son corps. Mais, peu avant l’intervention chirurgicale, on lui demande se signer un document attestant de son consentement pour l’explantation. Avec une mention surprenante : "Je sais que le docteur X n’est pas à l’origine de mon état clinique. Je m’engage à l’informer si j’engage un recours à l’encontre de la société PIP. Je sais que le docteur X n’est pas à l’origine de la rupture des prothèses", stipule le document.

"Du chantage à l’opération"

En clair, ce document dactylographié, mentionnant le nom du chirurgien qui devait opérer Nadia, exonère celui-ci de toute responsabilité. Condition sine qua non pour que Nadia puisse se faire retirer ses prothèses défectueuses. Cette pratique révolte Me Humbert, l’avocat de la patiente. Ce n’est pas une patiente de signer une décharge qui dédouanerait un médecin de toute responsabilité", s’insurge-t-il. Au micro d'Europe 1, l'avocat dénonce "du chantage à l’opération", "totalement contraire à l’ensemble des serments effectués par les médecins ".

D’autant que cette affaire n’est probablement pas un cas isolé. Un compte-rendu datant de mai 2010 atteste en effet que la société française de chirurgie plastique a pris soin de préconiser la rédaction de ce type d’actes de consentement.